mercredi 29 mai 2024
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Une rémission inattendue : le patient de Genève défie le VIH sans la mutation protectrice !

Une nouvelle rémission du VIH grâce à une greffe de moelle osseuse

Un homme, surnommé « le patient de Genève », est en longue rémission du VIH grâce à une greffe de moelle osseuse qui ne présente pas la mutation connue pour bloquer le virus. Ce cas exceptionnel a été présenté lors de la conférence de l’International AIDS Society qui a eu lieu en juillet 2022 à Brisbane, en Australie. Avant lui, cinq personnes avaient également été considérées comme probablement guéries de l’infection après avoir reçu une greffe similaire. Tous ces patients partageaient une particularité commune : ils souffraient de cancers du sang et avaient bénéficié d’une greffe de cellules souches qui avait permis de renouveler en profondeur leur système immunitaire. Dans tous les cas, les donneurs présentaient une mutation génétique rare appelée « CCR5 delta 32 », qui empêche l’entrée du VIH dans les cellules.

Cependant, pour le « patient de Genève », la situation était différente. En 2018, pour traiter une forme très agressive de leucémie, il a subi une greffe de cellules souches provenant d’un donneur qui ne présentait pas la mutation CCR5. Contrairement aux autres patients considérés comme guéris, les cellules du donneur de ce patient permettaient théoriquement au VIH de se reproduire. Malgré cela, le virus reste indétectable vingt mois après l’arrêt du traitement antirétroviral chez ce patient suivi aux Hôpitaux universitaires de Genève, en collaboration avec l’Institut Pasteur, l’Institut Cochin et le consortium international IciStem. Les analyses réalisées pendant cette période n’ont détecté ni particules virales, ni réservoir viral activable, ni augmentation des réponses immunitaires contre le virus dans son organisme. Les recherches scientifiques ne peuvent pas exclure la possibilité que le virus persiste encore, mais elles considèrent cette rémission comme une avancée significative dans le traitement de l’infection par le VIH.

Ce patient bénéficie maintenant d’un suivi étroit car la probabilité d’une rechute reste toujours présente. Comme l’a souligné Sharon Lewin, présidente de la conférence de l’International AIDS Society, « un seul virion peut entraîner un rebond du virus ». Il est donc primordial de le surveiller de près dans les mois et les années à venir. Malgré tout, cette rémission prolongée est encourageante et ouvre de nouvelles perspectives de recherche. Elle incite notamment à étudier le rôle des traitements immunosuppresseurs et des cellules de l’immunité innée dans le contrôle du virus.

Il est important de souligner que la greffe de moelle osseuse reste une opération lourde et risquée, qui n’est pas adaptée à la plupart des porteurs du virus. Cependant, ces cas de rémission du VIH par greffe de moelle osseuse ouvrent de nouvelles voies de recherche et suscitent l’espoir de trouver un jour un traitement efficace contre cette maladie.

Mots-clés : VIH, rémission, greffe de moelle osseuse, mutation CCR5, virus, traitement antirétroviral, leucémie, cellules souches, système immunitaire, International AIDS Society, Institut Pasteur, Hôpitaux universitaires de Genève, réservoir viral, Sharon Lewin, traitements immunosuppresseurs, cellules de l’immunité innée.

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