mardi 5 mars 2024

SNCF: des cliniques dans les gares, les médecins s’insurgent!

La télémédecine en gare, une innovation controversée

Dans la dynamique de modernisation des services proposés aux usagers, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) a annoncé son ambition de mettre en place des espaces de télémédecine dans les gares de l’Hexagone. Cette annonce intervient à une époque où l’accès aux soins dans certaines zones apparaît de plus en plus problématique, faisant surgir le spectre redouté des déserts médicaux.

L’initiative de la SNCF, dévoilée le vendredi précédent, se donne pour noble mission de combler ce vide sanitaire en installant des espaces de 15 mètres carrés dédiés à la télémédecine. Il s’agit d’une ingénieuse combinaison de la haute technologie et de l’expertise médicale visant à offrir un suivi médical à distance dans environ trois cents gares d’ici à 2028.

Pourtant, « l’ordre des médecins ne peut qu’exprimer sa très profonde inquiétude » face à cette proposition qu’ils jugent potentiellement préjudiciable. En effet, il existe une crainte légitime que cette redirection des professionnels de la santé vers les stations ferroviaires détourne l’attention des zones rurales et déjà défavorisées en matière d’accès aux soins.

En sus, le fait de faire appel à Loxamed, filiale du groupe Loxam connu pour la location de matériel et non pour son expertise médicale, soulève des questions cruciales quant à la « financiarisation » du système de santé français, réputé pour son caractère public et solidaire.

La télémédecine : une question de moyens et de méthodologie

Le modèle prévu par la SNCF garantirait la présence constante d’un infirmier et la mise en place d’examens médicaux à distance, assurant que chaque patient serait pris en charge par un médecin exerçant en France. Les infrastructures, s’inspirant des installations éphémères qui se sont multipliées lors de la crise sanitaire liée à la Covid-19, montreraient ainsi leur potentiel en termes d’adaptabilité et de rapidité d’installation.

L’approche de la SNCF de collaborer avec des unions régionales des professionnels de santé pour le recrutement des intervenants médicaux est également une démarche qui vise à ancrer ce service dans le tissu local. Cela dit, l’UFML s’élève à son tour contre ce projet, le qualifiant de potentiel vecteur d’une « médecine low cost très lucrative » qui nuirait à l’image et à la qualité de la médecine traditionnelle.

Le syndicat formule des réserves quant au modèle de soin « presse-bouton » qui semble s’opposer à la médecine de proximité, basée sur la relation de confiance et la connaissance approfondie du patient, fondements reconnus de la qualité des soins en France. « Il ne peut y avoir de bonne médecine faite de consommation presse-bouton à distance d’un médecin qui ne connaît pas le patient », plaide le syndicat, soucieux des enjeux humains et éthiques de la médecine.

Conclusion et perspectives

Si le concept de télémédecine dans les gares pourrait présenter des avantages en matière d’accessibilité des soins, la mise en œuvre de ce projet interroge sur la capacité de la SNCF à répondre aux enjeux de santé publique sans fragiliser l’existant ou introduire une logique marchande dans un domaine où l’équité d’accès est primordiale.

Les réponses et actions des autorités de santé, des syndicats de médecins, ainsi que de l’ensemble des acteurs impliqués, seront déterminantes pour assurer que cette initiative novatrice puisse s’intégrer harmonieusement au système de santé français tout en préservant ses valeurs fondamentales.

Mots-clés: télémédecine, SNCF, gares, déserts médicaux, Loxamed, système de santé, financiarisation, médecine low cost, UFML, professionnels de santé, Sam Altman, Asie-Pacifique, San Francisco, Coopération économique Asie-Pacifique, 16  novembre.

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