mardi 5 mars 2024

La chute de Nétanyahou : négligence, incompétence et trahison, Israël en ébullition

Benyamin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse, dans la base militaire de Kirya, à Tel-Aviv, Israël, le 28 octobre 2023. POOL / VIA REUTERS Benyamin Nétanyahou a pris ses quartiers de guerre rue Caspi, à Jérusalem. Des agents du Shin Bet, le service de sécurité intérieur, ont accroché des caméras aux cyprès de cette impasse juchée sur une ligne de crête, à la verticale du quartier palestinien de Silwan. Ils ont dressé des antennes sécurisées sur les toits de la demeure avec piscine où le premier ministre, dont la résidence est en travaux, est aujourd’hui hébergé par un ami américain, Simon Falic, basé à Miami et proche de la droite israélienne.

« Je n’ai plus rien à perdre. Je veux que Bibi me voie. » Samedi 28 octobre, les agents du Shin Bet baissent les bras devant Yael Alon, la mère d’un soldat tué par le Hamas le 7 octobre. Ils n’osent l’empêcher d’exprimer son deuil sous les fenêtres de M. Nétanyahou. Elle porte, depuis jeudi, un panneau qui proclame : « Mon père est mort dans la négligence de 1973 [durant la guerre du Kippour] . Mon fils est mort dans la négligence de 2023 ». Dor Alon, lieutenant de la brigade Golani, a été tué peu avant ses 23 ans près du kibboutz de Kfar Aza. Mme Alon a rejoint rue Caspi deux dizaines de manifestants, qui demandent la démission du premier ministre. Des voisins leur apportent du café. D’autres ont accroché à leur portail, avec leurs enfants, des panneaux qui intiment au chef du gouvernement : « Tu ne chercheras point à échapper à tes responsabilités ».

« C’est de votre faute. Vous avez détruit l’armée » , rétorque aux manifestants un couple d’origine séfarade. Ceux-là imputent la défaite aux officiers de réserve qui manifestaient encore en septembre, il y a une éternité, contre les réformes de M. Nétanyahou : « Vous nous avez trahis. Ce n’est pas la faute de Bibi mais celle de l’armée et du Shin Bet. » Ce dialogue, les Israéliens le répètent depuis le 7 octobre. Pour ou contre « Bibi » : la guerre prolonge un dilemme éculé. Le « roi Bibi » n’est plus, mais il perdure à son poste.

L’ancien « M. Sécurité » exaspère ses concitoyens. Il paraît distant, isolé. Les éditorialistes de tout bord l’étrillent lorsqu’il se tait, soupirent lorsqu’il apparaît. Ils dénoncent l’incompétence de son entourage – le directeur de son bureau, Yossi Shelley, le secrétaire du gouvernement, le fidèle Tzahi Braverman. Lors d’une conférence de presse, samedi dans la soirée, M. Nétanyahou, qui répondait pour la première fois depuis des années à des questions des journalistes israéliens, a de nouveau admis que « tous les responsables » auront à répondre de la débâcle du 7 octobre, mais il a refusé de s’étendre sur ses propres torts et blâmé ses généraux. Interrogé par la chaîne publique Kann, il a nié que ses officiers l’aient mis en garde contre une attaque, durant les mois précédents. Une attitude qui a soulevé la polémique.

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