vendredi 21 juin 2024
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Présidentielle au Nigeria : Incertitude et ouverture sans précédent

A l’approche du scrutin présidentiel nigérian du samedi 25 février, le pays se retrouve à la croisée des chemins. D’un côté, le président sortant Muhammadu Buhari, qui achève son deuxième mandat, laisse derrière lui une situation économique et sécuritaire difficile. De l’autre, les 94 millions d’électeurs sont appelés à élire le successeur de Buhari, dans un pays où les jeunes de moins de 35 ans représentent 39% des inscrits sur les listes.

Quatre candidats se distinguent sur les dix-huit en lice. Le Congrès des progressistes (APC) est représenté par Bola Tinubu, un ancien gouverneur de Lagos, âgé de 70 ans, et considéré comme « le faiseur de rois » de la politique nigériane. Face à lui, Atiku Abubakar, un Haoussa musulman originaire du nord du Nigeria et âgé de 76 ans, se présente pour la sixième fois à une élection présidentielle sous les couleurs du Parti démocratique populaire (PDP). Ces deux « outsiders » donnent du fil à retordre aux têtes d’affiche de la campagne : Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’état musulman de Kano, qui a rejoint le Nouveau Parti du peuple nigérian (NNPP), et Peter Obi, un ancien gouverneur de l’Etat d’Anambra, dans le sud-est du Nigeria, qui a pris ses distances pour se présenter au sein du Parti travailliste (LP).

C’est ce dernier qui a su capitaliser sur la soif de changement des jeunes urbains de plus en plus politisée. Le mouvement #endsars contre les violences policières, qui avait mobilisé les Nigérians en octobre 2020, est « la preuve que l’engagement civique gagne du terrain dans le pays » selon Afolabi Adekaiyaoja, analyste pour le Centre pour la démocratie et le développement (CDD) à Abuja. Peter Obi s’est imposé comme le troisième homme de cette présidentielle et comme le héraut de la jeunesse, et peut compter sur les votes des Ibo modérés – son groupe ethnique – en mal de représentation.

Cependant, les chances de victoire de Peter Obi pourraient bien être entamées par l’abstention, toujours très élevée au Nigeria. L’insécurité mais aussi la grave pénurie de liquidités qui touche actuellement le pays pourraient en dissuader plus d’un de se rendre aux urnes. Les résultats sont attendus en début de semaine prochaine et l’issue particulièrement incertaine du scrutin fait craindre des violences post-électorales.

Le Nigeria se trouve à un tournant crucial. Les 94 millions d’électeurs nigérians sont appelés à choisir entre le candidat du Congrès des progressistes (APC), Bola Tinubu, et celui du Parti démocratique populaire (PDP), Atiku Abubakar. Ces deux « outsiders », Rabiu Kwankwaso, du Nouveau Parti du peuple nigérian (NNPP), et Peter Obi, du Parti travailliste (LP), donnent du fil à retordre aux têtes d’affiche de la campagne. Peter Obi a su capitaliser sur la soif de changement des jeunes urbains, et peut compter sur les votes des Ibo modérés. Toutefois, l’abstention, l’insécurité et la pénurie de liquidités pourraient entamer ses chances de victoire.

Mots-Clés: Muhammadu Buhari, Bola Tinubu, Atiku Abubakar, Rabiu Kwankwaso, Peter Obi, Nigeria, APC, PDP, NNPP, LP, #endsars, Afolabi Adekaiyaoja, CDD, Ibo.

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