dimanche 21 avril 2024
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Cinéaste gay et méconnu, Terence Davies révèle sa vie passée dans un film poignant

Le réalisateur Terence Davies était un artiste hors du commun, dont le talent et l’originalité ont été malheureusement qui méconnus. Né dans un quartier défavorisé de Liverpool en 1945, il a grandi dans un milieu ouvrier catholique. Sa vie aurait pu prendre une tout autre direction, mais c’est grâce à sa passion pour le cinéma qu’il a trouvé sa voie.

Terence Davies avait une manière très singulière de pratiquer le cinéma. Dès le début de sa carrière, il a choisi de se tourner vers le passé, et plus précisément vers son propre passé. Il est devenu un véritable spécialiste des adaptations littéraires, donnant vie à des œuvres telles que « Chez les heureux du monde » en 2000 et « Sunset Song » en 2015. Il a également réalisé des portraits d’écrivains, notamment celui d’Emily Dickinson et de Siegfried Sassoon.

Malgré ses talents indéniables, Terence Davies est resté dans l’ombre de ses contemporains tels que Ken Loach et Stephen Frears. Pourtant, il était admiré par ses pairs, dont le célèbre Jean-Luc Godard, décédé en 2022. La critique aussi reconnaissait son génie, louant sa délicatesse et son inventivité poétique. Malheureusement, sa relation tumultueuse avec l’industrie britannique du cinéma a souvent entravé sa carrière.

Terence Davies est décédé le 7 octobre chez lui, dans l’Essex en Angleterre, à l’âge de 77 ans, à la suite d’une brève maladie. Il laisse derrière lui une filmographie succincte, mais exceptionnelle.

Né dans un quartier pauvre de Liverpool, Terence Davies a vécu une enfance difficile. À l’âge de 7 ans, son père, qui était travailleur indépendant, est décédé. Dans ses mémoires, le réalisateur le décrit comme « psychotique ». Ensuite, il a été envoyé en pension à 11 ans et en est sorti cinq ans plus tard pour travailler. Après avoir été employé de bureau puis comptable pendant une décennie, Terence Davies a finalement pris la décision de quitter Liverpool pour Coventry, où il a intégré une école d’art dramatique.

C’est dans cette école qu’il a écrit son premier court métrage, intitulé « Children » en 1976. Ce film raconte l’enfance misérable de son alter ego, Robert Tucker. Terence Davies a ensuite réalisé deux autres courts métrages, « Madonna and Child » en 1980 et « Death and Transfiguration » en 1983. Ces trois films forment la « Terence Davies Trilogy », un autoportrait teinté d’angoisse métaphysique et de sensibilité.

À partir de 1983, la trilogie a été présentée dans de nombreux festivals à travers le monde. Grâce à cette reconnaissance, Terence Davies a pu réaliser son premier long métrage, « Distant Voices » en 1988. Dans ce film, il recrée le Liverpool de son enfance, en lui donnant une dimension poétique et éloignée du réalisme. Le personnage principal est un père tyrannique, magnifiquement interprété par Pete Postlethwaite, décédé en 2011. Le film est également marqué par une utilisation judicieuse de la musique, allant de Benjamin Britten aux crooners des années 1950.

En 1992, Terence Davies a achevé le volet autobiographique de son œuvre avec « Une longue journée qui s’achève ». Ce film évoque les années qui vont de la mort de son père à son départ en pension. Il est empreint d’une douloureuse nostalgie pour un monde révolu.

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