mardi 5 mars 2024

Les Etats généraux de l’information : un échec cuisant ou comment désintéresser les Français de l’avenir de leur information

Les Etats généraux de l’information (EGI) ont été lancés début octobre dans le but de renforcer la confiance des citoyens dans leur information. Christophe Deloire, délégué général des EGI et secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), aurait aimé une plus grande affluence pour cet événement. Sa première agora, qui a rassemblé une petite centaine de personnes dont des lycéens, des retraités et des journalistes, s’est tenue à Auxerre le 29 novembre. Les EGI sont destinés à aboutir à des propositions législatives, réglementaires, budgétaires, fiscales, et autres d’ici juin 2024. Le débat national est ouvert à tous les Français qui peuvent participer à des réunions et des groupes de travail pour partager leurs idées.

Une autre initiative, organisée par le Fonds pour une presse libre (FPL), a réuni entre 600 et 700 personnes (1 200 en incluant les participants à distance) lors d’EGI parallèles. Ces initiatives étaient soutenues par des médias indépendants, des organisations syndicales et des collectifs. L’objectif affiché était de « libérer l’info des pouvoirs politiques, des médias de la haine et des milliardaires ». Cependant, la prise de parole de Christophe Deloire à l’Espace Reuilly dans le 12ème arrondissement de Paris a été annulée, sans véritable explication. François Bonnet, le président du FPL, a déclaré que ces « Etats généraux officiels » étaient en réalité une tentative pour le pouvoir politique de réformer son contre-pouvoir, ce qui est contradictoire.

Les médias indépendants, tels que Mediapart, La Déferlante, Splann !, StreetPress, Marsactu, AuPoste, Politis, Reporterre, Médiacités, etc., ont également critiqué les EGI officiels. Ils estiment que l’événement est une manière pour le pouvoir politique de contrôler le contre-pouvoir médiatique. D’un autre côté, Christine Kelly, présentatrice sur CNews, a critiqué le fait d’être prétendument ignorée et d’être accusée de faire des « fake news ». Elle a organisé une conférence payante où étaient invités des personnalités telles que le directeur de la rédaction du Journal du dimanche, Geoffroy Lejeune, l’essayiste ultraconservateur Mathieu Bock-Côté et l’éditorialiste de BFM-TV Christophe Barbier.

En somme, les Etats généraux de l’information suscitent un vif débat et une mobilisation de différents acteurs de la presse, qu’ils soient officiels ou indépendants. Les enjeux de confiance dans l’information, de liberté de la presse et de pluralisme des médias sont au cœur de ces discussions.

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