dimanche 21 avril 2024
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Les multiples contradictions d’Audrey Mondjehi au procès de l’attentat de Strasbourg!

Au terme de deux jours d’un interrogatoire éprouvant, Audrey Mondjehi s’est rassis dans son box passablement groggy, lundi 25 mars. Les magistrats qui composent la cour d’assises spéciale de Paris étaient presque aussi sonnés que lui. Assommé de questions, ce colosse ivoirien de 42 ans au physique de boxeur n’avait qu’un coup dans sa palette technique: l’esquive. Une stratégie de défense éreintante qui ne lui a pas permis de marquer beaucoup de points.

Le principal accusé du procès de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, Audrey Mondjehi, est jugé pour avoir aidé un ami de quartier, Chérif Chekatt, à se procurer l’arme avec laquelle ce dernier a assassiné cinq passants le 11 décembre 2018 dans la capitale alsacienne. Parmi les quatre accusés, il est le seul à avoir fréquenté le tueur, ce qui lui vaut d’être jugé pour « association de malfaiteurs terroriste » et « complicité d’assassinats terroristes ».

La ligne de défense de ce rappeur amateur et délinquant confirmé, élevé dans la religion protestante, était donc claire: se tenir le plus à distance possible de Chérif Chekatt, qu’il préfère appeler « ce monstre » ou « cette merde », pour éloigner les soupçons. Une tâche dont il s’est acquitté fort maladroitement, se tenant un peu trop à distance de la vraisemblance. Trop occupé à s’enferrer dans ses dénégations, il a parfois semblé ne pas comprendre les questions de la cour et a méticuleusement raté les perches que lui tendaient ses avocats.

Il est établi qu’Audrey Mondjehi a rencontré Chérif Chekatt en prison en 2007. C’est d’ailleurs l’un des rares points qu’il ne conteste pas. La deuxième fois, dit-il, c’était à Strasbourg le 18 septembre 2018: « Il est venu me chercher dans mon quartier pour me dire qu’il cherchait des armes. » Dans ses premières déclarations en garde à vue, il avait pourtant déclaré avoir recroisé le terroriste bien avant cette date, en 2015 ou 2016.

Audrey Mondjehi ne voit qu’une explication à cette contradiction: les policiers ont menti. « Ils ont dû rajouter, c’est pas vrai. Je sais quand même ce que je dis! », s’indigne-t-il. « Il n’y a pas 36 000 vérités, monsieur Mondjehi. On sait ce que vous avez dit en garde à vue, donc réfléchissez bien à vos réponses… », l’encourage la présidente, Corinne Goetzmann. La question suivante, ou plutôt les réponses alambiquées de l’accusé, offre un condensé de l’impossible dialogue qu’a été cet interrogatoire: « Est-ce que vous connaissez des membres de la famille Chekatt? », s’enquiert la présidente.

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