samedi 2 mars 2024

Colère explosive à Nanterre: un policier libéré, une ville indignée!

Une mobilisation citoyenne forte sur la place Nelson Mandela à Nanterre

L’image de centaines de citoyens réunis en signe de protestation sur la place Nelson Mandela s’est imprimée dans la mémoire collective ce dimanche 19 novembre. La place, d’ordinaire éclipsée par l’ombre des infrastructures environnantes à Nanterre, est devenue le théâtre d’une mobilisation d’environ cinq cents individus, venus manifester leur réprobation face à la libération récente de l’officier de police impliqué dans le décès tragique de Nahel M. en juin dernier.

Le symbole de la justice et du souvenir

L’emplacement choisi pour cette convergence humaine est lourd de symboles. Il jouxte non seulement le palais de justice, mais aussi l’infrastructure routière tragique où la vie de Nahel M. a pris un tournant fatal après que le jeune homme eut été atteint lors d’une course-poursuite. Au cœur de cette effervescence, trônant sur un banc à proximité d’une annexe du tribunal sécurisée par les forces de l’ordre, Mounia, mère éplorée, partageait sa douleur et son incompréhension face à la mise en liberté sous contrôle judiciaire du policier, malgré sa mise en examen. Elle confiait, émue et les larmes aux yeux : « Le matin, quand je me réveille, je n’ai plus [la] voix [de mon fils], je n’ai plus [son] sourire, [Le policier], il a enlevé deux vies, il m’a tuée aussi ».

Un cri de cœur pour la justice

La foule, déterminée et solidaire, a scandé des slogans comme « Justice pour Nahel » et « Pas de justice, pas de paix », soulignant la soif universelle pour l’équité et la reconnaissance. Les interventions émouvantes se sont succédées, ponctuées du cri de familles endeuillées et des plaidoyers de figures politiques et associatives. Rose Ameziane, à la tête de l’association Mouvement pour l’émancipation des territoires, a émis un poignant rappel : « Pour certains Français, [la mort de Nahel] n’est qu’un fait divers, mais tous les jeunes ici, qui crient leur douleur, savent qu’ils peuvent être le prochain ».

Un passé qui interpelle l’avenir

Quatre décennies se sont écoulées depuis la Marche pour l’égalité et contre le racisme, et pourtant, des voix s’élèvent encore pour déplorer que la situation n’ait guère évolué. L’oratrice conclut avec un appel à l’action : « Il est inadmissible que dans quarante ans, on en parle encore. Le futur est entre vos mains, vous n’avez pas le droit de passer à autre chose. ». Parmi les manifestants, Saida et Assma, deux septuagénaires, fidèles à leur engagement militant, expriment une indignation intacte malgré l’écoulement du temps.

Vers un changement politique ?

L’atmosphère chargée d’appels à la réforme a couvert l’esplanade en écho à la voix de Mornia Labssi, inspectrice du travail membre de la CGT, qui incitait les jeunes à s’emparer des urnes et à plonger dans le bain politique. L’actualité parlementaire était également représentée par deux députés La France insoumise qui ont annoncé leur soutien à travers une proposition de loi ambitieuse visant à réviser la législation actuelle sur l’utilisation des armes par la police.

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