vendredi 1 mars 2024

Le militant écologiste en grève de la faim contre l’A69 évacué de son arbre à Paris : un combat extrême pour sauver les arbres

Evacuation forcée de Thomas Brail, militant écologiste, après vingt-quatre jours de grève de la faim

Dimanche 24 septembre, aux alentours de 6h30 du matin, les forces de l’ordre et les pompiers sont intervenus pour évacuer de force Thomas Brail de son perchoir dans un platane, situé boulevard Saint-Germain, à Paris, en face du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Thomas Brail, arboriste grimpeur et spécialiste de l’entretien des arbres, était en grève de la faim depuis vingt-quatre jours et perché dans cet arbre depuis dix jours.

Alertées dès le début de l’opération policière, deux élues écologistes, Sandrine Rousseau, députée de Paris, et Chloé Sagaspe, conseillère de Paris, se sont rendues sur place pour soutenir Thomas Brail. Ce dernier avait annoncé son intention de commencer, à partir du lundi suivant, une grève de la soif, mettant ainsi gravement en péril sa santé. Agé de 48 ans, ce militant se bat depuis plusieurs années pour la sauvegarde des arbres menacés par des projets d’infrastructures, notamment ceux de l’A69, une autoroute reliant Castres à Toulouse. La construction de cette autoroute entraînerait l’abattage de centaines de platanes, certains centenaires, ainsi que l’artificialisation de 400 hectares de terres agricoles, de zones humides et de forêts.

Pour mener à bien sa lutte en faveur de la préservation des arbres, Thomas Brail a créé il y a quatre ans le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), qui compte aujourd’hui soixante-dix antennes en France. Il milite également contre l’A69 au sein du collectif La voie est libre, fondé en novembre 2021.

La veille de son évacuation, Thomas Brail, visage émacié et ayant perdu plus de dix kilos depuis le début de sa grève de la faim, a pris la parole pendant quelques minutes devant une cinquantaine de soutiens réunis au pied de l’arbre. « Ce n’est pas parce que je n’aime pas la vie que je fais la grève de la faim, mais au contraire parce que je l’aime plus que tout », a-t-il déclaré.

Suite à son évacuation, Thomas Brail a été transféré dans un établissement hospitalier de la région parisienne, dont le nom n’a pas été communiqué. L’un des deux militants qui l’assistaient dans l’arbre a été placé en garde à vue pour « troubles à l’ordre public », selon des sources. Cependant, il a été relâché dans l’après-midi. Le deuxième militant n’a pas été arrêté.

Cette intervention des forces de l’ordre et des pompiers intervient à la veille de la présentation du plan de planification écologique par le président Emmanuel Macron. Le gouvernement a ainsi voulu éviter une dégradation supplémentaire de la santé de l’activiste du GNSA. Le ministre délégué aux transports, Clément Beaune, qui avait rencontré Thomas Brail le mardi 19 septembre, a affirmé que son ministère était en contact régulier avec son entourage.

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