vendredi 1 mars 2024

Découvrez la vie méconnue de Marie-Pierre Duhamel-Muller, la passeuse du cinéma français !

Marie-Pierre Duhamel-Muller: Une Figure Discrète du Cinéma Français

Le 28 février 2008, sur la place du Centre Beaubourg à Paris, Marie-Pierre Duhamel-Muller était une grande figure du cinéma français. Sa discrétion quasi-sacerdotale et son humilité d’airain cachaient une relation joyeusement sororale et une générosité sans bornes envers les cinéastes et les cinéphiles qu’elle estimait.

Malgré son rayonnement spirituel, il est étonnant, à une époque où Internet est omniprésent, de constater l’absence d’une fiche Wikipédia ou d’un avis nécrologique digne de ce nom. Cette absence témoigne du pouvoir de Marie-Pierre Duhamel-Muller, qui abhorrait pourtant le pouvoir. Elle était une figure de l’ombre, une « passeuse » formidable, aidant des cinéastes « minoritaires » à trouver leur place dans le monde du cinéma.

Sa passion et son érudition étaient manifestes, et de nombreux réalisateurs renommés recherchaient ses conseils et son regard aiguisé. Frederick Wiseman, Wang Bing, Jia Zhang-ke et Marco Bellocchio, pour n’en nommer que quelques-uns, étaient parmi ceux qui sollicitaient son expertise.

Marie-Pierre Duhamel-Muller avait une carrière cinématographique éclectique. Après des études d’histoire et de chinois, elle se lança dans le cinéma. En 1987, elle rejoignit le Centre national de la cinématographie. En 1994, elle devint administratrice de l’unité documentaire d’Arte, puis responsable de la production documentaire chez Pathé télévision en 1995. Parallèlement, elle enseigna à la Femis et dans diverses universités européennes.

La programmation était l’une de ses passions, et elle organisait des événements avant-gardistes. En 1995, elle présenta « Animalia Cinematografica », une réflexion sur la représentation de l’animal au cinéma. En 2017, elle organisa une rétrospective fascinante du cinéma indépendant afro-américain, au sein du Centre Pompidou. Cette institution lui était chère, et elle y laissa une empreinte indélébile.

La vie professionnelle de Marie-Pierre Duhamel-Muller fut également marquée par une rencontre décisive avec Marco Muller. Les deux jeunes gens, bien loin d’être maoïstes, se rencontrèrent en Chine en 1975, parmi les premiers boursiers français à étudier dans ce pays. Ils se marièrent en juillet 1976, mais ne vécurent jamais ensemble (Marco vivait en Italie, Marie-Pierre en France) et se séparèrent en 1996. Pourtant, ils conservèrent une estime réciproque qui résista aux affres du temps.

Marie-Pierre Duhamel-Muller accompagna Marco Muller au sein des comités de sélection de prestigieux festivals de cinéma tels que Turin, Pesaro, Locarno, Venise, Rome, et plus récemment, le festival de Pingyao en Chine, créé par Jia Zhang-ke.

Le 19 juin 2023, Marie-Pierre Duhamel-Muller s’éteignit à l’âge de 70 ans à l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Cognacq-Jay (Paris 15e) des suites d’un cancer. Sa disparition laissa un vide immense dans le monde du cinéma français, mais son héritage en tant que « passeuse » et défenseuse de cinéastes « minoritaires » perdurera.

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