jeudi 23 mai 2024
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La faillite des sociétés de livraison Getir et Gorillas plonge 1 708 salariés dans la précarité

Le tribunal de commerce de Paris a rendu sa décision le mercredi 19 juillet, en prononçant la liquidation judiciaire des entreprises de livraison rapide de courses Getir et Gorillas. Cette annonce a été faite par Marie-Sophie Vincent, avocate représentant les salariés de Gorillas, à la sortie de l’audience. Gorillas, propriété du géant turc Getir depuis 2022, était en redressement judiciaire en France depuis mars et avait décidé de quitter le marché français. Selon une note interne consultée par l’Agence France-Presse (AFP), Getir France avait accumulé 200 millions d’euros de dettes fin mars.

Cette décision n’a pas surpris les salariés, qui attendaient avec impatience que cette affaire se termine après des mois de montagnes russes émotionnelles. Rémy Frey, de la CGT commerce de Paris, explique que les salariés sont tous très fatigués. De son côté, Olivier Coulibaly, salarié et représentant du personnel de Gorillas, déclare qu’un plan élaboré par la représentation du personnel a été rendu caduc par l’entreprise, qui a refusé de le financer au dernier moment.

La situation est préoccupante pour les salariés, qui s’interrogent sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et le versement des salaires. Johann Tchissambou, délégué syndical CFDT de Getir France, souligne que Nazim Salur, le fondateur de Getir, ne respecte pas son engagement pris auprès du tribunal de commerce de payer les salaires de juillet 2023, ce qui plonge les salariés dans la précarité.

Les difficultés financières de Getir France sont attribuées à un environnement contextuel défavorable, marqué par l’inflation et le durcissement réglementaire en France ces derniers mois. Cette raison a également été invoquée par la filiale française du groupe allemand Flink, placée en redressement judiciaire en juin, pour expliquer ses propres difficultés financières.

En mars, le secteur de la livraison rapide de courses a subi un revers important lorsque le gouvernement a décrété que les « dark stores » étaient des entrepôts et non des commerces, ouvrant ainsi la voie à une régulation par les mairies de cette activité, voire la fermeture de certains locaux.

En 2022, Getir a réalisé un chiffre d’affaires de 23,8 millions d’euros, Gorillas de 26,6 millions d’euros et Frichti de 69,9 millions d’euros, ce qui porte le chiffre d’affaires total du groupe Getir en France à 120,3 millions d’euros. La filiale française compte soixante-dix magasins et deux entrepôts, et emploie 841 personnes, selon les chiffres fournis par les administrateurs judiciaires dans l’offre de cession.

Gorillas, quant à elle, possède trente magasins en France et emploie cinq cents salariés. Frichti, une autre entité de Getir, dispose de vingt-quatre magasins, un entrepôt et une cuisine, et emploie 367 salariés. Au total, le groupe Getir emploie donc 1 708 personnes en France.

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