vendredi 1 mars 2024

SCANDALE À LA FÉDÉ : AUDITIONS EXPLOSIVES AU PALAIS !




Article

Audition mouvementée de Jean Lapeyre à l’Assemblée nationale

Jean Lapeyre se souviendra longtemps de son passage au Palais-Bourbon. Puissant directeur juridique et directeur général adjoint de la Fédération française de football (FFF), salarié de l’instance depuis 1987, le sexagénaire n’a pas été ménagé par les députés, jeudi 9 novembre, lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des fédérations sportives.

Après les interrogatoires de l’ex-président (2011-2023) de la FFF, Noël Le Graët, le 7 novembre, et de l’ancienne directrice générale (à huis clos), Florence Hardouin, jeudi, M. Lapeyre a été longuement questionné sur les scandales et la crise de gouvernance à la « 3F » qui ont fait l’objet d’un rapport accablant, en février, de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR).

« Vous êtes sous serment », ont rappelé à de nombreuses reprises les membres de la commission, agacés par les esquives de M. Lapeyre. « Vous êtes directeur juridique, vous dites que vous n’êtes pas au courant (…), a fulminé Stéphane Buchou, vice-président (Renaissance, Vendée) de la commission. Vous nous dites : “C’est pas moi, c’est mes collaborateurs.” Qui fait quoi ? Qui pilote ? Qui dirige ? Qui prend les décisions ? Qui décide de quoi ? »

S’il a contesté « participer au climat sexiste à la fédé », le directeur juridique a finalement admis, poussé dans ses retranchements, avoir su « depuis longtemps » que « c’était dans le caractère de Noël Le Graët d’avoir ces relations un petit peu hors codes avec des femmes. (…) Cela n’a jamais dépassé certaines limites, (…) pas avec un caractère de gravité excessive. »

Dans une atmosphère passablement tendue, et alors que le président de la FFF, Philippe Diallo, et d’autres dirigeants auditionnés sont sous la menace d’un signalement à la justice pour parjure devant la commission d’enquête, M. Lapeyre a fait preuve d’un manque d’exactitude lors de son audition. Et ce quand il a été interrogé sur le cas de l’ex-internationale française Angélique Roujas. Ancienne responsable et entraîneuse du pôle féminin (2004-2013) du centre de Clairefontaine (Yvelines), cette dernière a été accusée de faits de violences sexuelles, puis licenciée par la FFF pour faute grave. « Selon nos informations, la direction juridique se serait opposée à ce que la FFF prenne une décision de retrait de licence pour Mme Roujas, en application de l’article 85 des règlements généraux », a observé la rapporteuse (Hauts-de-Seine, Ecologistes) Sabrina Sebaihi.

Mots-clés:

Jean Lapeyre, FFF, Palais-Bourbon, Noël Le Graët, commission d’enquête parlementaire, scandales, crise de gouvernance, inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, climat sexiste, Philippe Diallo, parjure, Angélique Roujas, Clairefontaine, violences sexuelles, Sabrina Sebaihi


articles similaires

Articles Récents