vendredi 1 mars 2024

BAFA : formation obligatoire pour prévenir les violences sexuelles et sexistes dans les centres d’accueil

Recueillir la parole d’enfants victimes ne s’improvise pas. C’est pourquoi le secrétariat d’État à la Jeunesse a annoncé que les 50 000 candidats qui passent chaque année le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) seront désormais formés à la prévention des violences sexistes et sexuelles. Cette mesure vise à mieux préparer les futurs animateurs à faire face à des situations délicates et à protéger les enfants qui pourraient être victimes de tels actes.

En parallèle, les responsables d’accueil collectif de mineurs, tels que les centres de vacances, de loisirs et les centres aérés, ont également pris des engagements pour prévenir les violences sexuelles et sexistes dans leurs locaux. Ces engagements sont formalisés dans une charte de douze points, qui sera signée par les acteurs concernés. Parmi ces engagements figurent la nécessité d’inscrire la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans le projet éducatif des structures, de recruter du personnel formé sur ces questions et de nommer des référents VSS dans chaque établissement.

Les responsables d’accueil collectif de mineurs devront également sensibiliser les mineurs eux-mêmes aux violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’aux questions d’égalité de genre. Ils devront en outre signaler les cas de VSS aux autorités compétentes, pour une meilleure prise en charge des enfants victimes.

Pour assurer une formation adéquate à ces futurs animateurs, un module spécifique sera ajouté au programme du BAFA. Celui-ci permettra aux animateurs d’acquérir les compétences nécessaires pour prévenir les violences sexuelles et être à l’écoute des enfants qui pourraient évoquer des violences vécues dans leur foyer. Il est en effet primordial que les animateurs sachent comment réagir et comment signaler les faits de manière appropriée.

Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la Jeunesse, a souligné l’importance de former les futurs animateurs à ces problématiques. Elle explique dans une interview accordée à Ouest-France : « Il faut savoir ce qu’il faut dire, ou ne pas dire, pour qu’ils puissent s’exprimer sans se fermer, puis réagir de manière adaptée, connaître les procédures à suivre pour signaler les faits ».

Le gouvernement ne se limite pas à la formation des professionnels de l’animation pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Une campagne de sensibilisation, diffusée sur les réseaux sociaux du 10 juillet au 6 août, sera destinée aux jeunes de 13 à 18 ans. Cette campagne, présente sur Snapchat, TikTok, YouTube et Instagram, incitera les jeunes à parler aux adultes référents dans les camps de vacances s’ils sont victimes de violences intrafamiliales. Sarah El Haïry précise que cette campagne souhaite s’adresser « aux adolescents, pour leur dire que, s’ils sont confrontés à des violences, en parler peut tout changer. Le cadre extérieur d’une colonie peut permettre de parler de ce qu’on subit dans son environnement quotidien ».

Des mesures sont également prévues pour rassurer les parents. Une autre campagne, cette fois-ci destinée aux parents, a pour objectif de leur assurer que leurs enfants sont en sécurité et préservés des violences sexuelles et sexistes pendant leurs vacances en centre aéré ou en colonie.

Il est important de souligner qu’une attention particulière est portée à la vérification des antécédents des intervenants dans les centres accueillant des mineurs. En effet, chaque année, plus de 800 000 contrôles d’honorabilité, jugés systématiques et récurrents, sont effectués pour garantir la sécurité des enfants.

Cette série de mesures prises par le secrétariat d’État à la Jeunesse témoigne de la volonté du gouvernement français de lutter contre les violences sexistes et sexuelles et de protéger les enfants victimes. La formation des futurs animateurs ainsi que les campagnes de sensibilisation visent à sensibiliser les jeunes et à inciter à la parole pour briser le silence autour de ces violences. La sécurité et le bien-être des enfants restent une priorité absolue.

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