vendredi 1 mars 2024

Élections tunisiennes : un scrutin des plus compliqués et compétitif

Elections locales en Tunisie : un processus complexe et mal compris

Les élections locales en Tunisie approchent à grands pas, mais la complexité du processus électoral laisse beaucoup de Tunisiens perplexes. C’est le cas de Zakia, 65 ans, habitante de La Goulette, qui n’arrive toujours pas à connaître les candidats se présentant dans sa circonscription. En dépit de cela, elle ne compte pas rater le scrutin dimanche 24 décembre. L’élection de 2 155 représentants qui se répartiront dans 279 conseils locaux s’annonce, en effet, particulièrement complexe.

Un processus électoral pyramidale et complexe

Le processus, qui devrait se terminer en avril 2024, vise à la formation du Conseil national des régions et des districts. Celui-ci est prévu d’être composé de 72 représentants élus par les conseils régionaux et 5 élus par les conseils des districts, soit 77 au total. Ce système électoral complexe est présenté comme le pilier du “projet de construction par la base” annoncé par le président tunisien Kaïs Saïed, pour faire remonter les priorités de développement fixées par les citoyens jusqu’à l’échelon national.

Une chambre sans réel pouvoir décisionnel

Cependant, certains analystes soulignent que cette chambre n’aura ni de prérogative décisionnelle, ni de prérogative d’exécution et critiquent le fait qu’elle servira uniquement les intérêts du président tunisien, sans pour autant lui checker la moindre obligation.

Des candidatures insatisfaisantes et une participation en demi-teinte

Face à la complexité et à la confusion qui caractérisent ces élections, certains candidats ont érigé des programmes qui ne correspondent pas à leur mandat. De plus, les représentants des délégations au niveau régional sont tirés au sort tous les trois mois, un système qui alimente la difficulté à maitriser les dossiers et à en faire un suivi. On constate notamment que 10 % des circonscriptions ne comptent qu’un seul candidat – qui sera élu automatiquement – et que certaines n’en ont aucun.

Appel à l’annulation du scrutin

Le flou électoral a conduit à une demande d’annulation du scrutin de la part de personnalités de l’opposition et de la société civile, qui critiquent l’absence de définition claire des rôles et pouvoirs des conseils locaux. Ils considèrent que cette situation inédite pit les institutions du pays en péril.
Il est important de noter que ces élections locales en Tunisie constituent un véritable enjeu pour la démocratie du pays. Le processus complexe et mal compris risque de peser sur la participation des citoyens et pourrait affecter la légitimité des représentants élus.

Mots-clés:

Tunisie, élections locales, complexité du processus électoral, démocratie, Conseil national des régions et des districts, Kaïs Saïed

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