vendredi 1 mars 2024

Des dizaines de jeunes arrêtés pour un mariage gay illégal au Nigeria, où la peine de mort peut être appliquée

Soixante-dix jeunes arrêtés pour un mariage gay dans le nord-est du Nigeria

Le samedi 21 octobre, plus de soixante-dix jeunes ont été arrêtés dans le nord-est du Nigeria par les forces de sécurité, les accusant d’avoir organisé un mariage gay. Ces unions sont non seulement criminalisées dans le pays, mais elles sont également accompagnées de violences envers la communauté LGBT+. Au Nigeria, le mariage entre personnes de même sexe est illégal depuis 2014 et passible de quatorze ans de prison.

Selon Buhari Saad, le porte-parole du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC) dans l’Etat de Gombe, soixante-seize homosexuels présumés ont été appréhendés lors d’une fête d’anniversaire organisée par l’un d’entre eux. Ce dernier devait d’ailleurs épouser son fiancé lors de cet événement. Parmi les personnes arrêtées se trouvent cinquante-neuf hommes et dix-sept femmes. Les avocats de ces individus n’ont pas encore pu être contactés pour donner des commentaires ou des confirmations.

Les attaques et intimidations envers la communauté LGBT+ sont monnaie courante au Nigeria, où les forces de sécurité ont orchestré de nombreuses descentes lors de fêtes soupçonnées de célébrer des mariages de couples du même sexe. Toutefois, aucune des personnes arrêtées jusqu’à présent n’a été condamnée. En août, la police avait arrêté plus d’une centaine d’hommes dans des circonstances similaires dans le sud-est du pays.

Face à cette situation, l’ONG de défense des droits humains Amnesty International a vivement appelé à mettre fin à cette « chasse aux sorcières ». Elle dénonce également le fait que dans une société où la corruption est largement répandue, la loi interdisant les relations homosexuelles est de plus en plus utilisée par les forces de l’ordre et le public pour exercer du harcèlement, de l’extorsion et du chantage.

En décembre, dix-neuf hommes et femmes âgés d’une vingtaine d’années ont été arrêtés à Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, sous l’accusation d’avoir organisé un mariage gay. Cependant, ils ont simplement été réprimandés par la police religieuse, la Hisba, et relâchés sans être poursuivis en justice.

L’Etat de Gombe, où ont eu lieu les arrestations de samedi, fait également partie des Etats du Nord à majorité musulmane où la charia islamique est appliquée en parallèle avec le système judiciaire fédéral et de l’Etat. Selon la charia, les relations homosexuelles sont passibles de la peine de mort. Cependant, cette sentence n’a jamais été appliquée dans le nord du Nigeria. Le porte-parole du NSCDC refuse de préciser si les suspects arrêtés samedi seront inculpés en vertu de la charia ou du droit commun.

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