mercredi 29 mai 2024
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Réforme des retraites : les dangers politiques d’une réforme inéquitable

Réforme des retraites : le risque d’un déséquilibre invisible

Pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, à Carvin, Pas-de-Calais, lundi 11 avril 2022, il est l’éléphant au milieu de la pièce : la réforme des retraites n’aura pas le même impact sur tous les Français. Ministres, députés et membres de la majorité s’étonnent presque de l’entrée douce dans l’atmosphère et craignent l’étincelle qui enflammerait le pays.

Le pouvoir s’inquiète d’une explosion sociale et du blocage des raffineries, plus que de la mobilisation du 19 janvier. Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, redoute une « lame retardée » de l’opinion, nourrie de doutes sur la répartition de l’effort.

Au bureau exécutif du parti présidentiel, Renaissance, Bruno Le Maire et Olivier Dussopt ont exposé le projet gouvernemental devant une trentaine de participants, avant un apéritif convivial et ses conversations plus relâchées. Les membres de la majorité se sont mis d’accord : cette réforme est « bonne pour notre électorat », c’est-à-dire indolore pour les cadres, les retraités et le patronat.

Le lendemain, Olivier Dussopt, chargé du service après-vente de la réforme, donne une illustration malgré lui. Sur BFM-TV, il répond à un cadre quadragénaire ayant commencé à travailler à 25 ans et qui touchera une retraite pleine à 66 ans. « Ça ne changera rien à votre situation », assure le ministre, avant de préciser que l’intéressé subit aujourd’hui une « grosse décote » s’il prend sa retraite à 62 ans, avant d’avoir cotisé ses quarante-trois annuités. « Demain, vante-t-il, (…) vous pourrez partir à 64 ans, mais il y aura une décote moins importante ».

Ce déséquilibre a été identifié au sein du gouvernement. La ministre Elisabeth Borne rappelle que le projet est « pour les retraités actuels et pour leur pouvoir d’achat ». Marie Lebec, députée Renaissance des Yvelines, reconnaît sans ciller que cette « réforme sacrificielle » repose d’abord sur les Français des classes moyennes et intermédiaires, qui devront travailler deux ans de plus. « Il y a une aberration dans le système », admet-elle, en pointant du doigt les cadres supérieurs du privé qui optimisent la règle. « Rien d’illégal, mais cela coûte cher et à un certain niveau, c’est indécent ».

Mots-Clés: Réforme des Retraites, Emmanuel Macron, Olivier Véran, Elisabeth Borne, Marie Lebec, Classes moyennes, Cadres supérieurs.

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