jeudi 13 juin 2024
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La révolution des voitures électriques à 100 euros ? Impacts limités mais promesse tenue!

Promesse tenue : la voiture électrique à 100 euros par mois

Incluse dans le programme du candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2022, la voiture électrique à 100 euros par mois va devenir réalité dès janvier 2024. La gestation de ce mécanisme de location longue durée aura été longue, ce qui n’a rien de surprenant car la problématique est complexe. Elle implique en effet l’engagement de plusieurs protagonistes – l’Etat, les sociétés de leasing, les constructeurs – et soulève des problématiques délicates comme la valeur de revente du véhicule à la fin du contrat de trois ans ou les mécanismes à déployer en cas de défaillance du bénéficiaire.

Une tradition automobile nationale

Le président de la République, qui tient beaucoup à ce projet dont il a annoncé la concrétisation au lendemain de la clôture de la COP28, peut faire valoir que le leasing social n’a d’équivalent nulle part. Il s’inscrit en phase avec une longue tradition de l’automobile nationale qui a, depuis les années 1950, privilégié les modèles populaires quitte à renoncer à ce que la notion de luxe à la française trouve une traduction dans le domaine de la voiture.

Conditions d’éligibilité et impact potentiel

Le mécanisme dévoilé jeudi 14 décembre sera ouvert aux ménages dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 15 400 euros par part. Ce seuil, qui doit permettre de toucher la moitié des foyers les moins favorisés, est identique à celui qui avait présidé à l’attribution de la « remise carburant » face à la flambée des prix à la pompe en 2022. Le leasing s’est imposé comme un instrument incontournable. Devenu le principal mode d’acquisition d’un véhicule par les particuliers, il apparaît comme la conséquence d’une dérive – le décrochage entre le prix des voitures neuves et le pouvoir d’achat de la plupart des consommateurs – bien antérieure à la montée en régime de la voiture électrique, qui pèse actuellement 20 % du marché.

Aujourd’hui, payer un loyer dans le cadre d’une location de longue durée plutôt que d’acquérir un véhicule en bonne et due forme n’est pas un choix. C’est la seule possibilité de rouler au-dessus de ses moyens, surtout s’il s’agit de tenir le volant d’une « watture ». Le mécanisme annoncé par le président de la République a le mérite de s’inscrire à contre-courant de cette tendance générale au renchérissement, mais il risque d’avoir un impact d’ampleur limitée.

Objectif de la politique gouvernementale

Il ne devrait concerner en 2023 que 20 000 immatriculations et sera réservé à ceux qui roulent au moins 8 000 kilomètres annuels et/ou résident à plus de 15 kilomètres de leur lieu de travail. En 2025, le gouvernement espère doubler ce volume, ce qui ne représenterait, au mieux, qu’un peu plus de 10 % du marché des voitures électriques.

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