mardi 5 mars 2024

Investissements climat insuffisants dans les pays en développement !

Le défi des investissements climat dans les pays en développement

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les investissements pour décarboner nos économies doivent être multipliés par un facteur de trois à six, en particulier dans les pays en développement. Or, en 2021-2022, Chine exclue, ils n’ont reçu que 15 % des investissements climat alors que leur part devrait être de deux à quatre fois supérieure. Ils sont en train de construire l’essentiel de leur capital d’infrastructures et, s’ils ne le font pas suivant des options bas carbone, ils n’auront d’autre choix que d’adopter des trajectoires de développement qui rendront illusoire le respect des objectifs de l’accord de Paris.

Les défis techniques et financiers

Les praticiens du développement savent que l’obstacle des coûts techniques n’est pas le plus critique, tant il existe un vaste potentiel inexploité à coûts faibles. Après des décennies de progrès, de nombreuses technologies vertes sont aujourd’hui compétitives – le kilowatt solaire, qui coûtait sept fois plus que le kilowatt charbon en 2010, était 29 % moins cher en 2022. Le problème se trouve du côté des risques financiers : les infrastructures bas carbone et résilientes ont des coûts de construction élevés et des coûts d’utilisation faibles (pas d’achat de carburant). Leur viabilité financière dépend donc du coût de l’argent pour financer les surcoûts de construction dans des secteurs déjà intensifs en capital (énergies renouvelables, routes, bâtiments, ports résilients aux événements extrêmes). Ce coût dépend des risques d’investissement.

Les obstacles spécifiques aux pays en développement

De trop nombreux projets viables ne sont ainsi pas lancés dans les pays en développement parce qu’ils immobilisent des sommes importantes pour de longues périodes et présentent un éventail de risques qui découragent les prises d’initiative. Les investissements dans les pays en développement sont encore plus pénalisés, car les marchés financiers surpondèrent les risques liés à la fragilité macroéconomique des pays et à leur niveau d’endettement. Par exemple, le coût actualisé de l’électricité solaire est trois fois plus élevé au Soudan qu’en Suisse du fait d’un coût de l’argent prohibitif.

Les obstacles réglementaires et sociaux

Le développement d’un projet éolien offshore peut prendre douze ans du fait des délais d’approbation des permis de construire et de connexion au réseau. Les incertitudes sur les marchés, la performance des techniques moins matures, les réglementations inadaptées, les appréhensions des populations et l’insuffisance des infrastructures préexistantes sont autant d’obstacles supplémentaires à surmonter pour les projets climatiques dans les pays en développement.

Mots-clés:

Investissements climat, pays en développement, GIEC, infrastructures bas carbone, technologies vertes, viabilité financière, risques d’investissement, marchés financiers, obstacles réglementaires, défis techniques, fragilité macroéconomique

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