Le sommet Choose France s’impose une nouvelle fois comme un rendez-vous décisif pour mesurer l’attractivité économique de l’Hexagone. Entre investissements records, percée de l’intelligence artificielle, accélération industrielle, transition énergétique, logistique, agroalimentaire et pharmacie, les annonces dévoilées à Versailles dessinent une stratégie ambitieuse pour renforcer la place de la France en Europe. Derrière les montants spectaculaires, se jouent aussi des enjeux d’emplois, de souveraineté, d’innovation et d’aménagement des territoires. Voici l’essentiel à retenir pour comprendre la portée économique et politique de cette édition de Choose France pour les entreprises, investisseurs et salariés concernés partout sur le territoire.
Choose France 2026 propulse la France à un record de 93 milliards d’euros d’investissements
La neuvième édition de Choose France 2026, organisée au château de Versailles, marque un tournant majeur pour l’attractivité économique française avec un montant annoncé de 93 milliards d’euros d’investissements étrangers. Ce niveau, présenté comme un record, confirme la capacité de la France à attirer des groupes internationaux dans des secteurs stratégiques, de l’intelligence artificielle à l’industrie verte, en passant par la logistique, l’agroalimentaire et la pharmacie.
Au-delà de l’effet d’annonce, l’enjeu est industriel, territorial et social. Ces projets doivent générer plus de 15.000 emplois et renforcer plusieurs bassins économiques, notamment dans les Hauts-de-France, en Île-de-France, en Normandie, en Occitanie ou encore en Provence-Alpes-Côte d’Azur. La France capitalise ainsi sur ses infrastructures, son mix énergétique relativement décarboné, son réseau de transport et son écosystème de recherche.
Cette édition de Choose France illustre aussi une compétition européenne accrue pour capter les investissements liés aux technologies critiques. En mettant en avant des projets massifs dans les data centers, la transition énergétique et la production pharmaceutique, Paris cherche à installer durablement le pays comme une plateforme industrielle et numérique de premier plan en Europe.
L’intelligence artificielle rafle la mise avec SoftBank, Salesforce et les data centers
Le secteur de l’intelligence artificielle en France concentre la part la plus spectaculaire des annonces de Choose France 2026, porté par l’investissement colossal de SoftBank. Le géant japonais prévoit une enveloppe de 75 milliards d’euros, dont 45 milliards d’ici 2031, pour développer dans les Hauts-de-France des centres de données dédiés à l’IA. Selon son dirigeant Masayoshi Son, il s’agirait du plus important investissement européen dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Cette dynamique dépasse largement SoftBank. Brookfield prévoit 10 milliards d’euros supplémentaires pour atteindre jusqu’à 30 milliards dans les infrastructures IA, tandis que MGX et Bpifrance avancent vers un deuxième site d’environ 7,5 milliards d’euros, après le Campus AI de Fouju, en Seine-et-Marne. L’Île-de-France bénéficie également du projet d’Ardian et Verne, avec un campus numérique pouvant atteindre 5 milliards d’euros.
Les logiciels et la formation ne sont pas en reste. Salesforce investira 2 milliards de dollars d’ici 2030 dans un pôle IA à Paris, tandis que Databricks veut consacrer plus de 300 millions de dollars à ses équipes françaises et former plus de 40.000 personnes. Foxconn, enfin, ajoute une dimension industrielle avec des cartes mères IA produites à Angers.
Amazon renforce son offensive en France entre logistique, cloud et emplois
Amazon France accélère son implantation avec l’annonce de trois nouveaux sites logistiques, destinés à créer environ 1.000 emplois supplémentaires. Cette décision s’inscrit dans un plan d’investissement de plus de 15 milliards d’euros sur trois ans, le plus important jamais engagé par le groupe dans l’Hexagone. Elle confirme la volonté du géant américain de consolider son réseau de distribution tout en élargissant ses activités numériques.
La stratégie repose sur trois axes : renforcer la logistique, développer le cloud computing et soutenir l’usage de l’intelligence artificielle, notamment auprès des PME françaises. En densifiant son maillage territorial, Amazon cherche à réduire les délais de livraison, optimiser ses flux et mieux répondre à la demande croissante du commerce en ligne. Cette expansion intervient toutefois dans un contexte de surveillance accrue sur les conditions de travail, l’impact environnemental et la concurrence avec les commerces locaux.
Autour de cette dynamique, d’autres acteurs de l’immobilier industriel se positionnent. Le belge VGP annonce plus de 1,5 milliard d’euros d’investissement, avec 5.000 emplois attendus en six ans. Ces projets traduisent l’importance stratégique des entrepôts, plateformes de distribution et parcs d’activités dans la nouvelle géographie économique française.
L’industrie verte et les renouvelables s’imposent comme piliers de la transition énergétique
La transition énergétique en France occupe une place centrale dans les annonces de Choose France 2026, avec des investissements majeurs dans l’acier décarboné, l’éolien, le solaire et le stockage par batteries. Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia renforce notamment son projet à Fos-sur-Mer avec 600 millions d’euros supplémentaires, portant l’enveloppe totale à environ 1,2 milliard d’euros pour produire de l’acier primaire décarboné.
Ce projet est particulièrement stratégique. La sidérurgie reste l’un des secteurs industriels les plus émetteurs de CO₂, mais aussi l’un des plus indispensables à la construction, à l’automobile, aux infrastructures et aux équipements énergétiques. Développer une filière d’acier bas carbone sur le territoire français permettrait donc de réduire la dépendance aux importations tout en répondant aux exigences climatiques européennes.
Les renouvelables progressent également. L’énergéticien portugais EDP prévoit 1,3 milliard d’euros d’ici 2030 pour des projets éoliens, solaires, de batteries et de réseaux. L’allemand Enertrag engage, lui, 1,1 milliard d’euros dans de nouvelles infrastructures énergétiques. Ces investissements signalent une montée en puissance du stockage, devenu essentiel pour stabiliser une production électrique de plus en plus renouvelable.
Mars et Ferrero confortent l’ancrage industriel de l’agroalimentaire français
L’agroalimentaire français reste un pilier de l’investissement industriel, comme le démontrent les annonces de Mars et Ferrero lors de Choose France 2026. Le groupe Mars prévoit 100 millions d’euros sur plusieurs sites afin de moderniser ses infrastructures, augmenter ses capacités de production, réduire son empreinte environnementale et améliorer ses performances logistiques. L’objectif est clair : produire davantage, plus efficacement, tout en répondant aux nouvelles attentes environnementales.
Dans un secteur soumis à la hausse des coûts, aux tensions sur les matières premières et à l’évolution des habitudes de consommation, ces investissements permettent de sécuriser des chaînes de production locales. Ils renforcent aussi l’emploi industriel dans des territoires où les usines agroalimentaires jouent souvent un rôle économique structurant. La modernisation des lignes, l’automatisation ciblée et l’optimisation énergétique deviennent des leviers de compétitivité.
Ferrero confirme, de son côté, son attachement à ses sites français avec 60 millions d’euros consacrés à Villers-Écalles, en Normandie, et à Nieppe, dans les Hauts-de-France. L’investissement accompagnera notamment une ligne de production dédiée au lancement de Nutella Cookies, un produit destiné à soutenir la croissance du groupe sur le marché très concurrentiel du biscuit sucré.
Sandoz, GSK et Stallergenes Greer dynamisent la pharmacie française
La pharmacie française bénéficie d’un nouveau coup d’accélérateur avec plusieurs annonces ciblées sur la production, la recherche et les capacités industrielles. Sandoz investira environ 150 millions d’euros supplémentaires d’ici 2034 pour renforcer son site de Toulouse, spécialisé dans le développement et la fabrication de médicaments biosimilaires. Ce choix répond à un enjeu majeur : sécuriser l’accès à des traitements innovants, souvent moins coûteux que les médicaments biologiques de référence.
GSK annonce pour sa part près de 140 millions d’euros d’investissement additionnel, répartis entre la recherche et développement et le renforcement de ses sites d’Évreux, Mayenne et Saint-Amand-les-Eaux. Cette double orientation illustre la nécessité, pour les laboratoires, de maintenir en France à la fois des compétences scientifiques de haut niveau et des outils industriels capables de produire à grande échelle.
Stallergenes Greer complète ce mouvement avec 125 millions d’euros d’ici 2030 pour consolider son outil industriel en région parisienne. Spécialisé dans les traitements contre les allergies, le groupe s’inscrit sur un marché en croissance, porté par l’augmentation des pathologies allergiques. Ensemble, ces annonces renforcent l’objectif de souveraineté sanitaire et d’attractivité biomédicale du territoire français.


