vendredi 1 mars 2024

Découverte d’une épave exceptionnelle : le plus ancien navire cousu de Méditerranée, en Croatie !

L’épave découverte dans la baie de Zambratija, en Croatie, fait l’objet d’un grand intérêt de la part d’une équipe de chercheurs français et croates. Cette épave, datée entre la fin du XIIe siècle av. J.-C. et la fin du Xe siècle av. J.-C., est considérée comme le plus ancien exemple de navire entièrement cousu de Méditerranée. Giulia Boetto, directrice du programme de recherche « Adriboats, navires et navigation en Adriatique orientale dans l’Antiquité », souligne que cette technique de couture se différencie de celle utilisée sur le Nil plusieurs siècles auparavant.

La découverte de cette épave remonte à 2008 lorsque d’un pêcheur de la baie de Zambratija signale la présence de ce qu’il pense être les restes d’une barque contemporaine. C’est l’intervention de deux archéologues du musée local, appelés par un ami du pêcheur pour examiner un site sous-marin voisin, qui ont remarqué cette pièce de bois dépassant du sable. Les petits trous caractéristiques dans les planches ont immédiatement indiqué aux archéologues qu’ils étaient en présence d’un navire dont les planches étaient cousues entre elles.

La datation de cette épave a été réalisée lors de deux campagnes en 2011 et en 2013, à partir de quatre échantillons. Il est surprenant de constater que ce type de construction navale était considéré jusqu’alors comme étant l’apanage de l’époque romaine impériale dans le golfe de Venise. Ce bateau, d’une longueur de plus de 12 mètres et désormais entièrement dégagé, suscite l’intérêt des scientifiques du Centre Camille-Jullian (CNRS-université d’Aix-Marseille) et du Musée archéologique d’Istrie (Pula, Croatie). Affiner sa datation permettrait de mieux comprendre cette époque préromaine pendant laquelle les Liburniens, peuple habitant l’Istrie, étaient réputés pour leurs activités de piraterie. De plus, la découverte de fibres sur le bois d’orme de l’épave fournirait des indications sur les ligatures et la manière dont l’étanchéité de la coque était assurée.

Un autre mystère entoure ce navire, celui de la planche centrale évidée qui fait office de quille. Selon Giulia Boetto, cette caractéristique rappelle les anciennes techniques utilisées pour les embarcations monoxyles, taillées dans un tronc d’arbre. Ainsi, le bateau de Zambratija pourrait être considéré comme un dérivé de la pirogue, et ses occupants naviguaient à la pagaie.

Cette découverte apporte de nouvelles connaissances sur la navigation et la construction navale en Méditerranée à une époque préromaine. Elle offre également une meilleure compréhension des activités maritimes des peuples de l’Istrie et met en lumière l’importance de la baie de Zambratija comme lieu d’ancrage et de commerce.

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