mercredi 17 avril 2024
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La conscription obligatoire de l’armée britannique est-elle imminente ?

Le Royaume-Uni se prépare-t-il à la guerre ?

Les Britanniques doivent-ils se préparer à la guerre ? L’angoissante question a été posée sans détour par le chef d’État-major de l’Armée de terre, le général Patrick Sanders, il y a quelques jours. Le Royaume-Uni devrait former « une armée citoyenne » en cas de conflit ouvert entre l’Alliance Atlantique et la Russie a suggéré le haut gradé lors d’un discours à Londres le 24 janvier.

Le Royaume-Uni devrait suivre l’exemple suédois et prendre « des mesures préparatoires pour placer nos sociétés sur le pied de guerre », a expliqué Sir Patrick Sanders. Une telle action est « non seulement souhaitable, mais essentielle », a-t-il ajouté. La Suède vient juste de réintroduire une forme de service militaire. Downing Street a démenti plancher sur un tel scénario, le qualifiant d’ »hypothétique ». Le ministère britannique de la défense s’est également distancé des propos du général, insistant sur la « fière tradition de volontaires » de l’armée britannique.

Malgré ces démentis, les propos alarmistes du général Sanders ont été relayés par Richard Shirreff, ex-commandant en chef adjoint de l’OTAN, qui a estimé qu’il était temps « de penser l’inimaginable » et « d’étudier attentivement la conscription, même si (…) cela va à l’encontre de la culture de l’armée britannique, traditionnellement constituée de professionnels ». Un retour à la conscription « ne devrait pas être exclu » a également jugé le colonel à la retraite Tim Collins, tout comme Penny Mordaunt, l’actuelle leader de la Chambre des communes, et ex-ministre de la défense, qui a appuyé la création d’une « force de défense civile », le 30 janvier.

Sur une note moins sérieuse mais tout aussi martiale, même l’ex-Premier ministre Boris Johnson s’est dit prêt à s’engager. « Signer pour défendre mon roi et mon pays ? Oui mon commandant ! », a-t-il prétendu dans sa colonne hebdomadaire au Daily Mail.

A quelques semaines de la présentation du budget par le chancelier Jeremy Hunt, ce type de déclarations n’est pas sans arrière-pensées alors que le Royaume-Uni consacre 2,1 % de son produit intérieur brut (PIB) à la défense et que le secrétaire d’Etat à la défense, Grant Shapps, a assuré vouloir porter ces dépenses à 2,5 % du PIB « le plus vite possible », mais sans s’engager sur une échéance. « Sir Patrick Sanders pointe une contradiction : si, comme le ministre de la défense le reconnaît, le monde est devenu plus dangereux et les démocraties occidentales font face à des régimes agressifs, alors pourquoi ne pas réagir sans attendre ? Car nos forces armées ont été sérieusement affaiblies et ne sont pas en mesure de faire face à ces nouvelles menaces », résume Andrew Dorman, spécialiste des questions de sécurité au King’s College de Londres.

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