À Kawasaki, le printemps ne s’annonce pas seulement par les cerisiers en fleurs : il surgit aussi dans une procession de phallus géants portée entre prières, éclats de rire et appareils photo. Le Kanamara Matsuri, souvent résumé à ses images insolites, raconte une histoire plus profonde, celle d’un Japon qui interroge la fertilité, la sexualité et la protection du corps sans détourner les yeux. Derrière les bonbons suggestifs et les sanctuaires portatifs, ce rituel populaire, sacré et irrévérencieux, met en lumière les tensions d’un pays confronté au vieillissement, à la baisse des naissances et au besoin de parler autrement du désir.
Kanamara Matsuri, la fête du phallus qui fait parler fertilité au Japon
Chaque printemps, à Kawasaki, au sud de Tokyo, le Kanamara Matsuri attire des milliers de curieux, de fidèles et de touristes venus assister à l’un des festivals les plus singuliers du Japon. Derrière son apparence provocatrice, cette fête du phallus est d’abord un rituel populaire consacré à la fertilité, à la protection du corps et à la santé sexuelle.
Le rendez-vous, organisé autour du sanctuaire Kanayama, met en scène des symboles explicites : mikoshi en forme de pénis, confiseries phalliques, déguisements colorés et objets dérivés assumés. Mais le ton léger ne doit pas faire oublier la portée culturelle de l’événement. Le festival sert à évoquer, sans discours moralisateur, des sujets souvent sensibles au Japon : désir, reproduction, maladies sexuellement transmissibles, couple, vieillissement de la population.
Dans un pays confronté à une baisse durable des naissances, le festival de Kanamara prend une résonance particulière. Il ne prétend pas résoudre la crise démographique japonaise, mais il rappelle qu’une société peut aussi aborder la sexualité par le rire, le rite et la mémoire collective.
À Kawasaki, statues géantes et humour osé transforment la rue en rituel populaire
À Kawasaki, le jour du Kanamara Matsuri, la rue devient une scène ouverte où le sacré, le folklore et la plaisanterie se croisent sans complexe. Le moment le plus attendu reste la procession de grands sanctuaires portatifs, les mikoshi, dont certains représentent d’imposants phallus transportés à bout de bras par des participants en tenue de fête.
La foule photographie, rit, applaudit. Des familles japonaises côtoient des voyageurs étrangers, des habitants du quartier et des fidèles venus faire une


