vendredi 1 mars 2024

Le Salon international du livre de l’Arsenal: culture, résistance et solidarité, une édition incontournable en 2023 !

Le onzième Salon international du livre de l’Arsenal, qui s’est tenu à Kiev du 22 au 25 juin 2023, a marqué un retour attendu après l’interruption due à la pandémie de Covid-19 et à l’invasion russe. Cet événement culturel majeur s’est déroulé dans le complexe du Musée national d’art et de culture de l’Arsenal Mystetskyi, un lieu chargé d’histoire.

L’histoire de l’Arsenal remonte à 1783, lorsque l’impératrice Catherine II ordonna sa construction en tant qu’arsenal militaire, face au site de Petchersk, un endroit central dans la tradition orthodoxe. La supervision de la construction a été confiée à Charles de Chardon, un ingénieur français au service de la tsarine. De nos jours, l’Arsenal a été transformé en musée national par l’Ukraine indépendante et accueille des expositions temporaires ainsi que divers événements culturels.

Le Salon du livre de Kiev a été lancé en 2011 et a connu une grande affluence chaque année, jusqu’à ce que la pandémie et l’invasion russe viennent bouleverser cette tradition. Après une édition en format hybride en 2021, le salon a été annulé l’année suivante en raison du conflit. La réouverture du salon en 2023 a été très attendue et le public a répondu présent, malgré les risques liés aux alertes aériennes en raison du conflit en cours.

L’organisation de cette édition a été une véritable prouesse, réalisée en un peu plus de trois mois, témoignant de l’efficacité du volontarisme ukrainien. Cette année, le choix a été fait d’inviter principalement des libraires, bien que les éditeurs soient également présents pour les séances de dédicaces. Les ouvrages présentés lors du salon ont tous été publiés depuis le début de l’invasion russe en février 2022, ce qui témoigne du dynamisme du secteur éditorial en période de guerre.

L’événement a également mis en avant des initiatives de solidarité, dont les bénéfices sont reversés en partie ou en totalité. Par exemple, le livre intitulé « Ukraine : 50 symboles de résistance » de l’illustratrice Mari Kinovych, publié en anglais et en ukrainien, ainsi que les œuvres de l’atelier de calligraphie L’Art et moi. Des personnalités venues d’Ukraine et de l’étranger ont été conviées, parmi lesquelles les écrivains français Emmanuel Carrère, Emmanuel Ruben et Olivier Truc.

La soirée d’ouverture a réservé une surprise de taille avec la présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de son épouse. Malgré la situation de guerre, la sécurité présidentielle a été vigilante sans toutefois entraver la visite du couple présidentiel. Zelensky a eu l’occasion de découvrir plusieurs livres, dont « Théories de la conspiration » de Maksym Yakovlev, professeur à l’Académie Mohyla de Kiev. Cette visite a été saluée par de nombreux Ukrainiens, qui voient en Zelensky un soutien à la culture du pays en pleine contre-offensive.

Le salon a également réservé une place importante aux débats, aux installations d’art contemporain et aux projections documentaires. Un moment fort a été la lecture du « Journal de guerre » de Volodymyr Vakoulenko, un poète assassiné pendant l’occupation russe de son village. Par ailleurs, l’installation d’Alisa Shampanska sur sa « Crimée intérieure » a évoqué la militarisation de ce territoire occupé et annexé par la Russie.

Le salon a également accordé une attention particulière à la jeunesse en proposant des activités et des livres destinés à apaiser les angoisses liées à la guerre. La « prose graphique » était également mise à l’honneur, avec des éditions ukrainiennes d’albums de célèbres auteurs tels que Moebius, Frederik Peeters, Marjane Satrapi ou Art Spiegelman. Les visiteurs étaient également invités à se détendre sur des poufs et des chaises longues, où ils pouvaient découvrir les publications récentes en langue ukrainienne.

L’entrée au salon était accessible moyennant un billet d’une journée au prix de 100 hryvnias, soit environ 2,50 euros. Les militaires, les retraités, les personnes déplacées ainsi que les familles de vétérans et de morts au combat bénéficiaient de l’entrée gratuite. Cette politique tarifaire permettait une plus large diffusion de la culture et incitait la population à participer à cet événement majeur malgré la situation de guerre.

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