vendredi 1 mars 2024

« Un massacre sans limite : le putois interdit à la chasse, mais les autres nuisibles toujours traqués ! »

Le putois ne pourra plus être chassé toute l’année. Cette décision fait suite à une décision du Conseil d’Etat en juillet 2021, qui a jugé que « l’état de conservation des putois était défavorable ». Cependant, les autres espèces classées comme « nuisibles » dans la nouvelle liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts sont presque identiques à celles établies en 2019.

Dans cette nouvelle liste, valable jusqu’en 2026, la belette, la fouine, la martre, le renard, le corbeau freux, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet peuvent être « piégés toute l’année » ou « détruits à tir » avec autorisation préfectorale. Certaines de ces espèces peuvent même être « déterrées », c’est-à-dire capturées en détruisant leur terrier.

Ces huit espèces font partie du groupe 2 des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Ce groupe comprend également deux autres catégories : les espèces exotiques envahissantes (comme le ragondin, le rat musqué, etc.) et les espèces définies en fonction de spécificités locales (telles que le lapin de garenne, le pigeon ramier, etc.).

Le putois était auparavant classé dans le groupe 2 jusqu’à la décision du Conseil d’État en juillet 2021, qui a jugé que l’espèce était dans un « état de conservation défavorable ». Suite à cette décision, le putois ne figure plus dans le groupe, comme l’avait annoncé la précédente secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Couillard.

Cependant, cette nouvelle liste suscite des controverses parmi différentes ONG qui remettent en question la légitimité des arrêtés relatifs aux espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Elles considèrent que l’idée d’autoriser la chasse « sans limite » des animaux est archaïque dans le contexte de l’urgence écologique et de l’effondrement de la biodiversité. Elles critiquent également la méthode d’établissement de la liste qui repose sur des déclarations ne faisant l’objet d’aucun contrôle.

Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dénonce ce nouvel arrêté comme un « cadeau fait aux chasseurs, qui reprochent à pas mal d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts de s’en prendre au gibier qu’ils vont relâcher ». L’association a déposé un recours juridique contre ce nouvel arrêté.

Le cabinet de la nouvelle secrétaire d’État à la biodiversité, Sarah El Haïry, a déclaré vouloir engager une réflexion pour rendre le cadre des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts plus lisible et efficace conformément aux attentes des acteurs. Une mission de l’inspection générale du ministère est prévue pour étudier comment d’autres pays gèrent cette question et nourrir la réflexion collective.

Par ailleurs, le gouvernement a publié trois arrêtés suspendant la chasse de trois espèces d’oiseaux jusqu’à fin juillet 2024 : le courlis cendré, la barge à queue noire et la tourterelle des bois. Ces espèces sont considérées comme particulièrement menacées.

En conclusion, la nouvelle liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts suscite des controverses et des critiques de la part de certaines ONG. Des mesures sont prises par le gouvernement pour suspendre la chasse de certaines espèces menacées, mais ces mesures sont jugées insuffisantes par certains acteurs de la protection de la biodiversité.

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