samedi 20 juillet 2024
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La métamorphose étonnante de la gare du Nord en un paradis pour amateurs de vélo!

A aucun moment, sa dénomination n’a été mentionnée; pas même une référence. Du précédent projet encouragé, puis fortement critiqué, de lier un complexe commercial au flanc est de la Gare du Nord, la plus étendue gare d’Europe, il ne subsiste rien. À la rigueur un dossier archivé parmi la liste des réalisations que la capitale a pu éviter. L’édifice qui a pris sa place, sur le parvis haut, du côté du faubourg Saint-Denis, est une immense structure de stationnement pour vélos, « la plus grande de France », en bois, avec des panneaux solaires, dont quelques-unes des 1 186 places étaient déjà occupées, le mardi 25 juin, jour de l’inauguration.

Un détail significatif : le verre des lanterneaux provient des anciennes chenilles des coursives du Centre Pompidou, explique Hélène Marbach, la responsable des travaux, à la cohorte d’officiels qui l’accompagnent lors d’une brève visite à travers la gare. Le revêtement du guichet d’accueil de la halle est issu des anciennes lames de parquet de l’édifice démoli pour libérer de l’espace pour la gare routière. Faire passer d’un immense temple de la consommation à un garage à vélos confectionné avec des matériaux récupérés, selon les principes véhiculés par l’architecte Raphaël Ménard, le directeur de l’agence Arep, est un changement radical.

Pour être totalement honnête, cette première phase de modernisation de cette gare fréquentée par 700 000 personnes chaque jour a aussi impliqué la modification et l’ajout d’escalators et l’amélioration de la signalétique. Ainsi, les départs vers Lille se font au hall 1. Pour Londres ou Bruxelles, il suffit de suivre l’Union Jack dessiné sur les panneaux « Hall 2 ». L’accès aux trains pour Pontoise et l’Oise est facilité. Enfin, le parvis a été agrandi, une seule voie de circulation le traverse, les taxis étant relégués en sous-sol et sur le côté ouest. Les anneaux olympiques suspendus dans le ciel de la halle Duthilleul, la plus récente, rappellent que ces travaux devaient être achevés avant les Jeux de Paris 2024. C’était l’un des problèmes majeurs du projet de Ceetrus, la société immobilière de l’Association familiale Mulliez (AFM) – les fondateurs d’Auchan -, qui affirmait, il y a seulement trois ans, pouvoir terminer dans les temps. Le coût total avait littéralement explosé. Entre septembre 2018 et septembre 2021, il était passé de 600 millions d’euros à 1,5 milliard. Enfin, ajouter des commerces et une salle de spectacle à l’un des quartiers les plus denses de Paris ne semblait pas vraiment pertinent.

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