Les annonces officialisées entre la France et le sultanat d’Oman marquent une étape décisive pour les entreprises tricolores et pour la stratégie de modernisation de Mascate. À travers des accords majeurs confiés à Suez, EDF et CMA CGM, ce rapprochement illustre l’essor d’un partenariat économique axé sur l’eau, l’énergie et la logistique. Ces contrats, conclus dans un contexte diplomatique inédit, traduisent la volonté d’Oman d’attirer des expertises internationales solides, tout en offrant à la France une présence renforcée dans le Golfe, région clé des équilibres industriels, commerciaux et énergétiques mondiaux pour les années à venir et les grands investisseurs internationaux.
France Oman un partenariat économique relancé par des contrats majeurs
La relation économique entre la France et Oman franchit un nouveau cap avec la signature de plusieurs accords majeurs lors de la première visite officielle en France du sultan Haitham ben Tariq. Au cœur de cette séquence diplomatique, Paris et Mascate affichent une volonté claire : transformer leur dialogue politique en partenariat économique stratégique, structuré autour de l’énergie, de l’eau, des transports et de la logistique.
Les contrats annoncés témoignent d’un changement d’échelle. EDF, Suez et CMA CGM, trois groupes français de rang mondial, s’imposent comme des partenaires clés dans la modernisation des infrastructures omanaises. Pour la France, l’enjeu dépasse la seule conquête de marchés : il s’agit de renforcer sa présence dans une zone stratégique située au carrefour du Golfe, de l’océan Indien et des grandes routes commerciales mondiales.
Oman, de son côté, cherche à diversifier son économie, à réduire sa dépendance aux hydrocarbures et à attirer des investisseurs internationaux capables d’accompagner sa transformation. Cette dynamique s’inscrit dans une logique de long terme, où les investissements français peuvent soutenir les ambitions du sultanat en matière de transition énergétique, de services urbains et de connectivité régionale.
EDF signe à Oman un méga contrat pour révolutionner le stockage d’énergie
EDF a signé à Oman un contrat estimé à 3 milliards de dollars pour développer et exploiter une station de transfert d’énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat. Ce projet, présenté comme une première dans le sultanat, vise à stocker jusqu’à 2 GW d’énergie, un volume considérable pour accompagner l’intégration croissante des énergies renouvelables dans le réseau électrique omanais.
La technologie de pompage-turbinage repose sur un principe éprouvé : utiliser l’électricité disponible en période de faible demande pour pomper de l’eau vers un réservoir supérieur, puis la relâcher afin de produire de l’électricité lorsque la consommation augmente. Dans un pays engagé dans la diversification de son mix énergétique, cette solution offre une réponse concrète à l’intermittence du solaire et de l’éolien.
Pour EDF, ce contrat renforce son positionnement international dans les infrastructures bas carbone et les systèmes énergétiques complexes. Pour Oman, il représente un levier majeur de sécurité électrique, de flexibilité du réseau et d’indépendance énergétique. Le projet de Wadi Daysat pourrait ainsi devenir une référence régionale en matière de stockage d’énergie à grande échelle.
À Al Kamil EDF accélère le virage solaire d’Oman
EDF Power Solutions a également signé un contrat de 250 millions de dollars pour développer une centrale photovoltaïque de 500 MW à Al Kamil. Ce projet confirme l’accélération du virage solaire d’Oman, un pays disposant d’un ensoleillement exceptionnel et d’un potentiel naturel considérable pour produire une électricité propre, compétitive et locale.
La centrale d’Al Kamil doit contribuer à l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique omanais. Avec une capacité de 500 MW, elle pourra alimenter une partie significative des besoins du réseau, tout en limitant le recours aux combustibles fossiles. Dans une économie historiquement liée aux hydrocarbures, ce type d’infrastructure marque une évolution stratégique.
Ce contrat illustre aussi la capacité des entreprises françaises à répondre aux priorités de la transition énergétique dans le Golfe. EDF ne se contente pas d’exporter une technologie : le groupe participe à la construction d’un modèle énergétique plus résilient, combinant production solaire, stockage et pilotage intelligent du réseau. À Al Kamil, la France accompagne ainsi Oman dans une trajectoire plus durable, avec un projet susceptible d’attirer d’autres investissements dans le photovoltaïque.
Suez décroche un contrat historique pour l’eau et l’assainissement à Oman
Suez a remporté à Oman l’un des plus importants contrats de son histoire, d’un montant de 2 milliards d’euros sur quinze ans. L’accord porte sur la gestion et la maintenance des services d’eau potable et d’assainissement de Mascate, ainsi que des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud. Pour le groupe français, ce contrat confirme un retour ambitieux sur les grands marchés internationaux.
Dans un pays confronté aux contraintes hydriques propres aux régions arides, la gestion de l’eau constitue un enjeu de souveraineté, de santé publique et d’attractivité économique. L’intervention de Suez doit permettre d’améliorer la continuité de service, la performance des réseaux, la maintenance des équipements et la qualité des infrastructures d’assainissement.
Ce partenariat s’inscrit dans une logique de modernisation urbaine. Mascate et les gouvernorats concernés connaissent des besoins croissants liés à l’urbanisation, au développement industriel et à l’élévation des standards environnementaux. En apportant son expertise dans la gestion de l’eau potable et le traitement des eaux usées, Suez devient un acteur central de la transformation des services essentiels omanais.
CMA CGM mise sur Sohar pour renforcer les corridors logistiques d’Oman
CMA CGM a signé un mémorandum d’accord de 400 millions de dollars avec l’Oman Investment Authority afin de participer à la structuration de nouveaux corridors logistiques et à la gestion d’un futur terminal au port de Sohar. Situé au-delà du détroit d’Ormuz, Sohar occupe une position stratégique pour les échanges maritimes entre l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe.
Pour Oman, le développement de Sohar répond à un objectif clair : renforcer son rôle de plateforme logistique régionale, réduire sa dépendance aux seules routes traditionnelles du Golfe et capter une part accrue des flux commerciaux internationaux. L’arrivée de CMA CGM, l’un des premiers armateurs mondiaux, apporte une expertise décisive en matière de transport maritime, de gestion portuaire et de chaînes d’approvisionnement intégrées.
Ce projet s’inscrit aussi dans la compétition régionale autour des ports et des hubs logistiques. En misant sur Sohar, Oman cherche à valoriser sa géographie et à diversifier ses revenus. Pour CMA CGM, l’accord ouvre des perspectives dans une zone clé du commerce mondial, tout en consolidant la présence française dans les infrastructures de transport du sultanat.
France Oman les secteurs clés d’une coopération stratégique renforcée
La coopération entre la France et Oman se renforce autour de secteurs jugés prioritaires : énergie, eau, logistique, transports, défense et espace. Les contrats signés avec EDF, Suez et CMA CGM donnent une traduction concrète à cette ambition, en reliant les besoins de modernisation du sultanat aux savoir-faire industriels français.
L’énergie apparaît comme le premier pilier de cette relation renouvelée. Entre stockage hydraulique, solaire photovoltaïque et gestion intelligente des réseaux, les entreprises françaises accompagnent Oman dans sa diversification énergétique. L’eau constitue un deuxième axe majeur, car l’accès à des services fiables et durables est indispensable à la croissance urbaine et industrielle du pays.
La logistique forme un troisième champ stratégique. Grâce au port de Sohar et aux nouveaux corridors commerciaux, Oman veut devenir un point d’ancrage entre plusieurs régions du monde. Cette ambition rejoint les intérêts français dans le transport maritime et les infrastructures.
Au-delà des contrats, cette séquence franco-omanaise révèle une convergence d’intérêts. La France cherche à consolider son influence économique dans le Golfe, tandis qu’Oman veut attirer des partenaires fiables pour accélérer sa transformation. Le partenariat prend ainsi une dimension durable, fondée sur l’investissement, la technologie et la stabilité.


