Une scène diffusée depuis Asuncion a ravivé les tensions autour de Kylian Mbappé, devenu malgré lui le visage d’une frustration nationale après la défaite du Paraguay contre la France. Entre rituel populaire, colère de supporters et possibles dérives xénophobes, l’incendie d’un mannequin à son effigie soulève de nombreuses questions. Ce geste, présenté par certains comme une tradition festive liée à la San Juan Ara, choque pourtant par sa violence symbolique et son contexte sportif brûlant. Pour comprendre cette hostilité, il faut distinguer folklore local, passion footballistique et malaise profond autour de la figure de l’attaquant français au centre du débat.
Un contexte de vengeance en pleine fête catholique
À Asuncion, la vidéo montrant un mannequin au nom de Kylian Mbappé pendu puis brûlé a rapidement provoqué l’indignation, dans un climat déjà tendu après l’élimination du Paraguay face à l’équipe de France en huitième de finale de la Coupe du monde 2026. Pourtant, selon plusieurs médias paraguayens, cette scène s’inscrit d’abord dans une tradition locale liée à la fête catholique de la San Juan Ara, célébration populaire où l’on met symboliquement au bûcher une figure jugée détestable ou responsable d’une frustration collective.
Cette pratique, appelée Judas Kai, consiste à confectionner un personnage représentant une personnalité impopulaire, souvent issue du monde politique, avant de le brûler publiquement dans une ambiance festive, accompagnée de musique, de pétards et de rassemblements de quartier. Cette année, le choix de Mbappé n’a rien d’anodin : unique buteur du match Paraguay-France, le capitaine des Bleus a cristallisé la colère sportive d’une partie du public paraguayen.
Reste que le symbole interroge. Dans un contexte marqué par des propos racistes visant déjà l’attaquant français, cette mise en scène nourrit une impression de hostilité disproportionnée envers un joueur dont le principal “tort” fut d’avoir fait basculer une rencontre sous haute tension.


