Le Premier ministre français, François Bayrou, a récemment annoncé l’introduction de « conventions citoyennes décentralisées » pour aborder une thématique cruciale : « Qu’est-ce qu’être français ? ». Cette initiative, révélée dans un entretien accordé au quotidien Le Figaro le 27 février 2025, fait suite à l’adoption d’une nouvelle législation par les députés, visant à renforcer les restrictions concernant le droit du sol à Mayotte. Ce débat s’inscrit dans un contexte national où la question identitaire est au cœur des préoccupations sociopolitiques.
Un débat nécessaire sur l’identité française
François Bayrou souligne l’importance d’initier ce dialogue public en raison des enjeux liés à la nationale. L’idée, comme il l’indique, est de favoriser des échanges constructifs où chacun peut exprimer ses opinions sans craindre d’être insulté. « Apprendre à débattre, à échanger des convictions ou des arguments, sans s’insulter »
: tels sont les objectifs formulés par le Premier ministre. Cette déclaration reflète une volonté d’ouvrir un espace de discussion sur ce qui constitue l’identité française, une interrogation qui, selon lui, touche aussi bien ceux qui naissent en France que ceux qui choisissent de l’adopter.
Les conventions, prévues pour le premier semestre 2025, visent à impliquer les citoyens dans cette réflexion collective. Elles représentent une démarche démocratique visant à explorer les fondements de notre société. Bayrou ajoute que la notion d’être français ne se limite pas aux aspects législatifs, mais engage également des dimensions culturelles et sociales.
Élargir la réflexion autour des valeurs républicaines
Le Premier ministre propose d’enrichir le débat autour des trois valeurs républicaines fondamentales : liberté, égalité et fraternité. À celles-ci, il souhaite ajouter deux concepts importants : la laïcité et le contrat social. Selon Bayrou, la laïcité est une conquête précieuse mais contestée à l’échelle mondiale. « La laïcité philosophique et religieuse est une immense conquête, terriblement contestée sur la planète. Elle est notre force »
, déclare-t-il, tout en insistant sur la nécessité d’une laïcité politique qui inclut l’acceptation des désaccords sans volonté d’écraser l’autre.
Quant au contrat social, il est essentiel selon lui. « Ce principe fait que notre vie en commun n’est pas le “chacun pour soi”, mais le “tous pour un”. Ces questions sont des composantes de ce que nous sommes comme peuple »
, ajoute Bayrou. Ce rappel aux origines du vivre-ensemble en France vise à contrebalancer la tendance à l’individualisme parfois observée dans le débat public.
La question migratoire au cœur de la réflexion
Dans un contexte où le Premier ministre a récemment évoqué un « sentiment de submersion » migratoire à Mayotte et dans d’autres territoires français, la nécessité de ce débat devient encore plus pressante. L’afflux migratoire met en lumière des interrogations sur l’identité nationale et les valeurs que défend la France. Le défi consiste à harmoniser la nécessaire protection des frontières et l’accueil des migrants, qui sont souvent en quête d’une vie meilleure.
Vers une réforme constitutionnelle ?
Après l’énonciation de ces enjeux, Bayrou a également évoqué la possibilité d’une réforme constitutionnelle. Que ce soit par référendum ou dans le cadre des échéances électorales à venir, notamment la présidence de 2027, le sujet est d’ores et déjà sur la table. L’objectif serait de revoir les textes législatifs en matière de droit du sol sans perdre de vue l’importance de construire une société inclusive, où les différences sont reconnues et valorisées.
L’initiative de Bayrou pourrait ainsi devenir un tournant dans le débat public sur l’identité française. En alliant réflexion intellectuelle et participation citoyenne, le premier ministre espère engager le pays dans une direction constructive face aux défis contemporains.
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