mardi 5 mars 2024

Les SS affrètent un convoi de déportation vers la Belgique !

Les Chemins de fer belges ont touché de l’argent nazi pour les déportations

À partir d’août 1942, la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) a touché de l’argent versé par le régime nazi pour transporter vers les camps d’extermination 25 490 juifs ainsi que 353 Roms et Tziganes, dont 1 195 seulement ont survécu.

L’entreprise publique a également transféré 16 081 prisonniers politiques et acheminé, vers l’Allemagne, quelque 190 000 personnes réquisitionnées dans le cadre du service du travail obligatoire.

Une enquête historique révèle les détails des paiements nazis

Au bout d’une enquête lancée en 2022 et financée par le Sénat et le ministre fédéral de la mobilité, un historien, Nico Wouters, a pu retrouver des livres de comptes montrant que la société avait reçu 50,2 millions de francs belges, versés par l’Allemagne. Le tarif fixé était de 4 pfennigs par personne transportée et par kilomètre parcouru.

Le rôle de la SNCB dans les déportations était connu, comme, dans les pays voisins, celui de la SNCF et des chemins de fer néerlandais. En 2012, l’administrateur de la société belge avait évoqué une « page noire » de l’histoire de l’entreprise publique. Jamais, cependant, le fait que celle-ci avait facturé ses services à l’occupant nazi n’avait été démontré.

Les réactions suite aux révélations historiques

« 50,2 millions, c’est beaucoup et pas beaucoup, cela reste marginal par rapport au coût des services ferroviaires et aux dommages de guerre, mais l’essentiel est bien que cette étude a permis de découvrir que la SNCB a été payée pour ces convois » , a expliqué M. Wouters, directeur du Centre d’étude guerre et société, dans le quotidien Le Soir, le 9 décembre.

La direction de la compagnie des chemins de fer avait déclaré, à la fin de la guerre, que l’Occupation lui avait coûté au total 4,92 milliards de francs de l’époque, dont plus des six dixièmes pour les transports réguliers ordonnés par les autorités allemandes. Aucune convention n’a jamais été conclue entre la SNCB et les forces d’occupation. La direction de l’entreprise estimait simplement devoir se soumettre aux ordres, y compris lorsqu’il s’est agi de déportations.

Une politique du « moindre mal »

Elle s’est seulement opposée à l’intégration de son personnel dans le service du travail obligatoire en Allemagne. Elle a, en revanche, accepté de transporter du matériel militaire, ce que la législation belge assimilait pourtant à une collaboration économique, en principe interdite. La marge de manœuvre des responsables de la société était évidemment très étroite, mais à aucun moment le directeur général, Narcisse Rulot, n’a tenté de s’opposer aux autorités allemandes.

Mots-clés:

Transport ferroviaire, déportations, régime nazi, SNCB, Occupation, Belgique, Allemagne, Seconde Guerre mondiale, Nico Wouters, Le Soir, chemins de fer.

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