samedi 2 mars 2024

Claude Villers, la légende de France Inter nous a quittés


Vie et carrière du journaliste Claude Villers

Voix emblématique de France Inter pendant quarante ans, le journaliste Claude Villers, formidable conteur de voyages, animateur de nombreuses émissions, dont le célèbre « Tribunal des flagrants délires » est mort, a annoncé dimanche 17 décembre la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth. A l’éternelle question « Peut-on rire de tout ? », il répondait au Monde, en avril 1991 : « Oui, mais avec humanité. » Apportant ainsi une nuance à la réponse de son ami Pierre Desproges (« Oui, mais pas avec tout le monde »), l’animateur montrait une modestie et une bienveillance caractéristiques de sa personnalité cependant frondeuse et caustique.

Jeunesse et début de carrière

Né le 22 juillet 1944 à Everly (Seine-et-Marne), Claude Villers a grandi à Barly, près d’Arras (Pas-de-Calais) dans un milieu ouvrier. Son certificat d’études en poche, c’est dès l’âge de 14 ans qu’il entame sa vie professionnelle. L’adolescent exerce différents métiers : employé de banque, garçon de café, videur de boîte de nuit, mais aussi catcheur de foire. Sa corpulence (il fait déjà plus de 100 kg) le porte à incarner les brutes épaisses mises au tapis par des plus légers que lui à la fin des combats, pour le spectacle.

Après plusieurs années de petits boulots, il devient le plus jeune journaliste professionnel de France, à 17 ans. Il écrit notamment dans Radio Magazine. A la radio, il fait ses débuts à Europe n° 1 en collaborant à « L’Equipe n° 1 », produite par Gérard Sire et animée par Jean Yanne et Jacques Martin. Il suit ce dernier sur RTL après la séparation du duo. En 1964, il intègre France Inter, où Roland Dhordain vient d’être nommé directeur. Le jeune journaliste rejoint l’équipe de « Table ouverte », une quotidienne animée par Michel de Villers et José Artur.

Carrière à France Inter et autres médias

A la rentrée de 1965, naît le Pop Club de José Artur, émission culte, à laquelle Claude Villers participe de manière permanente. Il s’y exprime pour la première fois au micro dans des reportages en direct et remplace à l’occasion « le patron ». « Avec José Artur, j’ai appris la liberté », dira-t-il dans son autobiographie Parole de rêveur (Editions le Pré aux Clercs-France Inter, 2004).

En 1971, il crée sa propre station : Pacific FM, qu’il quittera au moment où elle sera revendue à NRJ. Après l’arrivée d’une nouvelle direction à Radio France, il regagne le service public au début de l’année 1988, mais pas France Inter, où il refuse de retourner. Eve Ruggieri le convainc en août 1988 de réintégrer sa station historique. Il y produit à nouveau des talk-shows de satire (« Bienvenue au paradis » ; « Le vrai faux journal »), et toujours des émissions de récits (« Marchand d’histoires » ; « Je vous écris du plus lointain de mes rêves »).

Un homme de passion et de bienveillance

Souffrant de problèmes cardiaques et victime de plusieurs accidents de santé à la fin des années 1990, Claude Villers réduit progressivement la voilure avant de prendre sa retraite en 2004, à 60 ans. Installé avec son épouse Colette à Pessac-sur-Dordogne, le pays de Montaigne, le journaliste amateur de bonne chère continuait d’écrire, de voyager et menait une vie active tant sur le plan associatif que personnel.

Liste chronologique des moments forts de sa carrière

  • 22 juillet 1944 : Naissance à Everly (Seine-et-Marne)
  • 1965 : Participe au « Pop Club » de José Artur
  • 1971 : « A plus d’un titre »
  • 1980 : « Le Tribunal des flagrants délires »
  • 1997: « Je vous écris du plus lointain de mes rêves »
  • 2023: Décès à 79 ans

Cet article rend hommage à la carrière exceptionnelle de Claude Villers, un journaliste de talent, passionné et engagé, qui a marqué l’univers radiophonique français.

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