Intermarché s’apprête à franchir un cap stratégique dans l’information des consommateurs en ligne. En voulant rendre visibles le Nutri-Score et le score Yuka sur ses fiches produits, l’enseigne place la transparence alimentaire au cœur du parcours d’achat numérique. Cette initiative pourrait accentuer la pression sur les marques qui refusent encore de communiquer leurs données nutritionnelles, tout en donnant aux clients des repères simples pour comparer les produits. Entre enjeux de santé publique, confiance commerciale et pouvoir d’achat, cette décision pourrait redessiner les pratiques de la grande distribution en France dès 2026, avec des effets potentiellement durables sur l’ensemble du secteur alimentaire.
Intermarché affichera le Nutri-Score et le score Yuka sur ses fiches produits dès septembre 2026
À partir du 1er septembre 2026, Intermarché prévoit d’afficher le Nutri-Score et le score Yuka directement sur les fiches produits de son site internet et de son application mobile. L’information, transmise aux fournisseurs dans un courrier, marque une nouvelle étape dans la stratégie de transparence alimentaire de l’enseigne.
Concrètement, les clients consultant un produit en ligne devraient pouvoir identifier plus rapidement sa qualité nutritionnelle, sans devoir chercher l’information ailleurs. Le Nutri-Score, présenté sous forme de lettres allant de A à E, permet de comparer des produits d’une même catégorie selon leur profil nutritionnel. Le score Yuka, lui, propose une évaluation globale largement connue des consommateurs, notamment via l’application mobile du même nom.
Pour Intermarché, l’enjeu est double : répondre à une demande croissante d’informations claires sur les aliments et renforcer la confiance dans son parcours d’achat numérique. Alors que les achats alimentaires en ligne progressent, les fiches produits deviennent de véritables espaces de décision. Y intégrer ces indicateurs revient à rapprocher l’expérience digitale des réflexes déjà adoptés en magasin par de nombreux consommateurs.
Les marques qui refusent le Nutri-Score pourraient être signalées aux clients
Intermarché ne se contente pas d’encourager ses fournisseurs à transmettre leur Nutri-Score. L’enseigne prévoit aussi une mention spécifique lorsque certaines marques refuseront de communiquer cette information ou ne la fourniront pas dans les délais demandés. Selon les éléments rapportés, les fournisseurs disposeraient d’un délai de trois mois pour transmettre les données nécessaires.
Cette mesure vise les marques dites récalcitrantes, c’est-à-dire celles qui choisissent de ne pas afficher leur notation nutritionnelle alors même que le dispositif est connu du grand public. En pratique, un produit sans Nutri-Score pourrait donc être accompagné d’un message indiquant au client que la marque n’a pas souhaité communiquer cette donnée. Une formulation de ce type aurait un impact fort, car elle transformerait une absence d’information en signal visible.
Le sujet est sensible pour certains industriels, notamment lorsque leurs produits obtiennent une note jugée défavorable. Des acteurs comme Lactalis ont déjà été cités parmi les marques ne mettant pas systématiquement en avant le Nutri-Score. Pour Intermarché, il ne s’agit plus seulement d’afficher une note, mais de rendre visible le choix de ne pas la fournir. Cette nuance pourrait peser lourd dans la perception des consommateurs.
Pourquoi le Nutri-Score reste volontaire mais pèse déjà sur les achats en France
En France, le Nutri-Score demeure un dispositif volontaire. Aucune marque n’est légalement obligée de l’apposer sur ses emballages ni de le communiquer aux distributeurs. Pourtant, son influence sur les comportements d’achat est déjà bien réelle, notamment dans les rayons où les consommateurs comparent rapidement plusieurs références similaires.
Créé pour simplifier la lecture nutritionnelle, le Nutri-Score classe les produits de A à E, avec un code couleur allant du vert au rouge. Il tient compte de plusieurs critères, comme les calories, les sucres, les graisses saturées, le sel, les fibres ou encore la teneur en protéines. Son intérêt repose sur sa lisibilité immédiate : en quelques secondes, un client peut privilégier une céréale, un plat préparé ou un yaourt mieux noté qu’un autre.
Ce caractère facultatif explique toutefois les tensions. Les marques dont les produits sont bien notés ont tendance à afficher largement leur score, tandis que d’autres préfèrent rester discrètes. Mais l’absence de Nutri-Score devient elle-même un élément d’interprétation. Dans un contexte où les préoccupations liées à la santé, à l’équilibre alimentaire et à la composition des produits progressent, ne pas communiquer peut être perçu comme un manque de transparence.
Le score Yuka s’impose comme un nouveau levier de transparence nutritionnelle
Le score Yuka occupe désormais une place à part dans l’information alimentaire. Contrairement au Nutri-Score, il n’est pas directement piloté par les industriels ni par les distributeurs, mais par l’application Yuka, utilisée par des millions de consommateurs pour scanner les produits et obtenir une évaluation rapide de leur qualité.
Son influence tient à sa simplicité. Le score, présenté sur 100, associe généralement plusieurs dimensions : qualité nutritionnelle, présence d’additifs et, selon les produits, critères liés au bio. Cette approche parle aux consommateurs, car elle dépasse parfois la seule lecture nutritionnelle pour intégrer une perception plus globale de la composition. Un produit peut ainsi être mieux ou moins bien perçu selon la présence d’ingrédients controversés, même si sa valeur nutritionnelle paraît correcte.
Pour Intermarché, intégrer le score Yuka sur les fiches produits revient à reconnaître le poids de cet outil dans les décisions d’achat. Surtout, contrairement au Nutri-Score que certaines marques peuvent choisir de ne pas afficher, le score Yuka est établi par l’application et ne dépend pas directement de la volonté du fabricant. Cette différence en fait un indicateur difficile à contourner, mais aussi potentiellement plus délicat pour les marques qui maîtrisent moins leur image nutritionnelle.
Une décision d’Intermarché qui pourrait bousculer fournisseurs, marques et consommateurs
La décision d’Intermarché pourrait modifier les rapports de force entre distributeurs, fournisseurs et marques alimentaires. En affichant le Nutri-Score et le score Yuka sur ses supports numériques, l’enseigne impose de fait une nouvelle exigence de lisibilité dans la relation commerciale. Les fournisseurs devront anticiper cette évolution, fiabiliser leurs données et accepter une exposition plus directe de leurs produits.
Pour les marques, l’enjeu dépasse la simple fiche produit. Une mauvaise note visible au moment de l’achat peut réduire l’attractivité d’une référence, surtout lorsque des alternatives mieux classées apparaissent à proximité. À l’inverse, une bonne notation devient un argument de vente puissant, susceptible de renforcer la conversion en ligne et la fidélité des clients attentifs à leur alimentation.
Les consommateurs, eux, pourraient gagner en capacité de comparaison. Sur un site de courses en ligne, la décision est souvent rapide : prix, format, promotion, disponibilité. L’ajout d’indicateurs nutritionnels donne un critère supplémentaire, plus qualitatif. Cette évolution pourrait aussi encourager les industriels à reformuler certaines recettes afin d’améliorer leurs scores. Moins de sel, moins de sucres, moins d’additifs : la pression commerciale peut parfois accélérer des changements que la réglementation seule peine à imposer.
Ce que les clients verront vraiment sur les fiches produits Intermarché
Sur les fiches produits Intermarché, les clients devraient voir apparaître des informations nutritionnelles plus visibles et plus directement exploitables. Le Nutri-Score pourrait être présenté sous sa forme habituelle, avec une lettre de A à E et un code couleur permettant d’identifier rapidement le profil du produit. Le score Yuka, lui, devrait offrir une indication complémentaire, souvent exprimée sous forme de note synthétique.
L’objectif est de rendre la fiche produit plus utile au moment de l’achat. Un client comparant deux paquets de biscuits, deux sauces préparées ou plusieurs plats surgelés pourra repérer en quelques instants l’option la mieux évaluée. Cette information viendra s’ajouter aux éléments déjà disponibles : prix, poids, liste des ingrédients, valeurs nutritionnelles, origine éventuelle, labels ou promotions.
En cas d’absence de Nutri-Score communiqué par une marque, une mention spécifique pourrait également informer l’acheteur que le fournisseur n’a pas transmis la donnée ou a refusé de la partager. Ce détail change la lecture de la fiche produit. Le silence d’une marque devient visible. Pour les consommateurs les plus attentifs, cette absence pourra peser autant qu’une mauvaise note, notamment dans les catégories où la comparaison nutritionnelle est devenue un réflexe d’achat.


