mercredi 17 avril 2024
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Scandale! Un camarade de Jean Moulin se dévoile en confessions inavouables!

Daniel Cordier : une figure complexe de la Résistance

La confidence arrive au bout de deux cents pages, et elle dit toute la complexité du personnage :

« Depuis l’extraordinaire intensité de la guerre, j’éprouvais par période un besoin d’action, mais aussi l’envie d’avoir des dettes pour trouver ce point de déséquilibre où je me sens le mieux. »

Curieuse et fascinante figure que Daniel Cordier (1920-2020). Secrétaire de Jean Moulin, l’homme est resté pour la postérité une icône de la Résistance, symbole de la fidélité à ses idéaux et à ceux qui les ont incarnés. Devenu historien sur le tard, Cordier a consacré vingt ans à écrire sur Moulin.

Amateur d’art, le troisième tome de ses Mémoires passionnants et souvent cocasses, publiés sous le titre général Alias Caracalla (Gallimard, 2009 et 2021), montre cependant un être moins univoque. À son sens de l’engagement se mêlent la haine de tout ce qui ronronne, le souhait de ne pas gagner (trop) d’argent pour rompre avec la tradition familiale, et le plaisir de la fuite. L’étonnante quête du déséquilibre, là où tant d’autres cherchent l’équilibre.

Une réorientation imprévue

A l’issue de la guerre, Daniel Cordier n’a aucune idée de ce qu’il va faire. Après avoir été l’un des premiers à rallier Londres en 1940, le jeune homme a travaillé dans les services secrets de la France libre pour André Dewavrin, dit « le colonel Passy ». En 1946, il découvre, effondré, que Passy a détourné des fonds. Ni une ni deux, il plaque l’espionnage, sans point de chute :

« Que pouvais-je faire, à 25 ans, lorsque mon seul apprentissage, cinq années de guerre, consistait à organiser une lutte clandestine, à détruire aux explosifs et à tuer à l’arme blanche ou avec une arme à feu ? »

La réponse tient en deux mots inattendus : art contemporain. Durant l’Occupation, Jean Moulin avait souvent parlé à son secrétaire de Picasso, Kandinsky, Miro. Moulin mort, Cordier l’orphelin désœuvré puise dans la fortune de sa ­famille pour s’offrir des Nicolas de Staël, des Henri Michaux et d’autres jeunes talents encore peu cotés, et se met en tête de devenir peintre. Il doit admettre assez vite qu’il est un « mauvais peintre ». Mais pourquoi l’artiste raté, saisi par le virus de la collection, ne se muerait-il pas en marchand de tableaux ? Quelques rencontres, et voici que Cordier ouvre sa ­galerie à Paris.

Conclusion

En évoquant de manière détaillée la complexité de Daniel Cordier, cet article met en lumière la diversité et la richesse de l’homme derrière la figure de la Résistance. Son engagement dans la lutte clandestine et son choix de réorientation post-guerre en font un personnage remarquable, dont les mémoires dévoilent une personnalité à la fois passionnée, complexe et intrépide.

Mots-clés:

Daniel Cordier, Résistance, Jean Moulin, Alias Caracalla, mémoires, secours, art contemporain, galerie, tableaux, passion, complexité des personnages.

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